jeudi 25 juin 2009

La fin de l'angouèsse


La photo d'aujourd'hui représente Caroline et moi dans une scène typique de casa Marranghello, c'est à dire en train d'étudier.  Sauf que cette fois on a été déconcentrées par un livre qui traînait depuis des semaines dans le salon (du photographe Richard Kern).  Eh oui je tiens entre les doigts UNE CIGARETTE.  Ça arrive.

Je suis désolée de décevoir mes fans qui croyaient en moi, mais j'ai échoué mon examen écrit d'art médiéval de ce matin.  C'était vraiment trop difficile, fidèle à sa réputation quoi.  En même temps je suis pas trop triste car JE SUIS EN VACANCES! À MOI L'ITALIE! Et pis je pense que c'était pas par paresse que j'ai pas réussi; j'avais vraiment beaucoup étudié.  Bon c'est sûr que d'un point de vue ça me fait un peu chier d'avoir passé un mois et demi presque chaque jour enfermée à la bibliothèque ou chez moi, à lire des textes incompréhensibles, à lire deux fois plutôt qu'une "La O di Giotto", et tout ça pour rien, mais que voulez-vous? Au moins, je vais pouvoir faire ma prétentieuse à mon retour au Québec et dire "ah oui, ça je l'ai vu à Padoue, Giotto ouais" ou parler de crucifix aux party de Noël (voyez le lien).

Marie, ma cousine chérie, arrive de Croatie demain.  Elle prend le traversier de nuit, je la récupèrerai donc à la gare (elle sera sans doute en pleine forme) en avant-midi le 26.  J'ai déjà hâte de lui expliquer le système de vérouillage de la porte de la salle de bain chez nous.  Le 27 c'est son anniversaire, il y a un party le soir chez le manager (maison dans les collines); ça tombe bien quand même.  Sinon, on ira peut-être à la plage et aux Cinque Terre.  Si le temps le permet.

La semaine passée, j'ai accueilli 3 norvégiens de couch surfing sous mon toit.  En fait, j'avais refusé au départ parce que 3 norvégiens dans une maison, ça va mal pour étudier.  Mais je leur ai quand même donné mon numéro de téléphone et on est allés boire quelques bières.  J'ai fini par les héberger un soir la semaine suivante, parce qu'ils devaient prendre leur avion de retour à Oslo.  Ils étaient cool, malgré que j'ai eu peur que la conversation prenne une tournure déplaisante car j'avais lu sur le profil d'un des gars qu'il faisait partie d'une organisation chrétienne; j'avais donc tourné de bord notre carte postale de Benoît XVI, histoire de ne prendre aucune chance.  Finalement, à part la croix dans le cou, j'aurais jamais pu deviner que ces trois jeunes hommes (19-20 ans) étaient croyants, surtout avec les mots qu'ils m'ont appris en norvégien: "voulez-vous coucher avec moi", "avez-vous seize ans" (voyez le lien), "tu es beau", etc.  Bref, si je vais en Norvège je ne saurai pas comment demander mon chemin, mais au moins je peux dire que je sais des mots qui ont des ø.  Comme øl (bière).  Ils m'ont aussi offert le cadeau le plus absurde qu'un invité couch surfing m'ait jamais fait: un paquet de nectarines.  Mais c'est vraiment cool, merci!

Alors maintenant que j'ai fini d'étudier, je me retrouve sans but dans la vie sauf celui de noyer mon échec dans l'alcool; on verra.  Sinon, on reçoit encore des visites pour la chambre de Caro et la mienne.  Le plus dur est de faire oublier aux éventuels "marranghelliens" les craques au plafond, les trucs écrits sur les murs, les fils internet qui traînent dans le couloir (on n'a pas wireless).  Pour ce faire, on échange rires, blagues et sourires complices devant eux, genre sympathiques mais vraiment sympathiques (on a quand même écrit "coinquilini mitici" sur l'annonce, colocs "mythiques" quoi).  Je me suis aussi inventée un rôle: le rôle de la fille qui lave la vaisselle quand quelqu'un arrive.  Ça fait un peu: "c'est le bordel chez nous mais on est propres quand même".

La semaine dernière je suis allée voir un film, en italien c'est "Uomini che odiano le donne", le film basé sur le premier livre de la trilogie Millenium, de Stieg Larsson.  C'est un film avec des suédois qui parlent italien.  C'est bon, je pense que c'est bien d'avoir lu le livre avant par contre.

J'ai changé... j'adore maintenant les olives.


mardi 16 juin 2009

Hop hop hop on étudie


Il est 10h30 du matin et Mike, mon coloc (un italien des Pouilles), se fait cuire une saucisse pour déjeuner.  

La photo d'aujourd'hui représente mon lit dans un monde idéal, c'est-à-dire fait.  Avec mon drap préféré à motif de petits lapins dormant sur des croissants de lune.  Caro et moi partons de casa Marranghello en même temps, donc on est en train de mettre des annonces partout.  Ça fait bizarre de recevoir des visites de gens alors qu'il me semble qu'hier c'était moi qui visitait cet appart.  

Rien de bien nouveau sinon que je continue d'étudier pour mon examen le 25 juin.  Je vais à chaque jour à la bibliothèque du département des arts visuels, je lis des textes sur la comparaison entre les peintres de Rimini du 14e siècle et ceux de Bologne de la même époque, je prends des manuels et je regarde des images; c'est plate.  Je ne sais pas quoi vous dire d'autre.  Les grandes chaleurs ont recommencé, à 35 celcius les odeurs corporelles peuvent devenir assez moyenâgeuses.  

Samedi dernier, mon ami Valerio m'a convaincue de laisser mes bouquins et de venir passer la journée à la plage.  Destination: Marina di Ravenna.  Ma première baignade dans l'Adriatique, wouhou! J'avais invité Caro, ma coloc.  Comme j'étais timide d'être en compagnie de 4 hommes italiens, je me suis crémée en vitesse (donc extrêmement mal).  Résultat, coups de soleils et traces de doigts.  Ça me fait une belle jambe (ou deux, plutôt), littéralement.  Pour ceux que ça intéresse, la plage était belle mais près de l'eau il y a beaucoup de coquillages, ça fait mal aux petons.  Quant aux vagues, rien de bien haut mais on a ben du fun quand même.  Vers 18h, le 'happy hour' nous attire comme des bébés chats affamés: on se boit quelques bières dans une ambiance style Club Med: grosse musique, gars musclés, pitounes bronzées, bref, mon genre de place.  Comme Valerio restait dormir près de la plage pour en profiter à nouveau le lendemain on a pas pu rentrer en voiture avec lui, mais il est quand même venu nous reconduire à la gare de Ravenna, le gentil.

Au cours des derniers jours, j'ai réalisé que je m'en allais dans un mois.  Ça m'a fait penser que je dois faire le plus de choses possibles avant de m'en aller.  Cette semaine je suis allée faire l'épicerie à la Coop avec Caro et j'ai pris des photos, je les mets subito sur www.flickr.com/photos/siropdelapin.  J'ai aussi été clubber aux Giardini Margherita (c'est comme s'il y avait un club en plein milieu du Parc Lafontaine); c'était pas écoeurant, mais je l'ai fait! Avez-vous d'autres missions pour moi?

lundi 8 juin 2009

Traumatisme numéro 1: 25/30


C'est un peu plate de passer les dernières semaines à Bologne enfermée à casa Marranghello ou à la bibliothèque des arts visuels.

Quelques uns d'entre vous savaient qu'aujourd'hui, le 8 juin, c'était le jour de mon premier examen.  Le 8 juin, c'est aussi le 159e jour de l'année; Descartes publia son Discours de la méthode un 8 juin, et c'est aussi le jour qu'ont choisi Nancy Sinatra et Kanye West pour naître (à 37 ans d'intervalle).  Le 8 juin, c'est aussi la "Journée Mondiale de l'Océan".  

Mais le 8 juin 2009, c'était surtout le jour de mon premier examen oral.  Mon entretien intime et sensuel avec Vera Fortunati, ma prof d'histoire de l'art "moderne" (donc du 15e au 17e siècle en Italie).  Pour vous faire un bref portrait de la Fortunati, elle est directrice du département d'arts visuels, elle enseigne plusieurs cours, a collaboré à la rédaction de plusieurs ouvrages, ce n'est donc pas n'importe qui.  Je garderai un souvenir impérissable de ses cours où elle se mettait soudainement à gueuler dans le micro, s'emportant sur des aspects d'une peinture qui venaient la chercher.  Elle était comme ça la Fortunati: très passionnée, mais épeurante.  Sauf mon respect, elle me faisait un peu penser à la méchante Ursula dans La Petite Sirène.

Donc, à 9h, Mylène et moi on se retrouve à attendre devant le bureau de la Fortunati avec une quinzaine d'étudiants.  On était figées de terreur.  J'étais incroyablement stressée.  La veille, Caro m'avait demandée de parler de la Joconde, juste pour le fun.  Ma réponse ne m'avait moi-même pas rassurée, n'empêche que Caro m'avait donné 22/30.  Bon.  Alors pour en revenir à l'action principale, j'étais nerveuse.  J'avais assez étudié, mais en italien l'information rentre moins bien dans mon cerveau.  J'attends 2 heures et demie dans le couloir avec Mylène, angouéssée morte.  Chaque fois qu'un étudiant sort du bureau de Mme F., les regards se tournent pour essayer de déchiffrer dans une seule expression faciale le plus d'indices possibles sur la difficulté des questions.  Une fille sort en pleurant: meeeerde.

L'examen se passe donc dans le bureau de la prof, qui est accompagnée d'une assistante.  La scène faisait un peu "interrogatoire de police" au cinéma, avec un policier méchant et l'autre super gentil.  La Fortunati avait une attitude entre "vous n'avez pas beaucoup étudié" et "dites-moi ce que vous savez de Leonardo, c'est vraiment un sujet élémentaire" tandis que son assistante me regardait en me faisant des grands sourires encourageants et en me complimentant sur mon niveau d'italien (qui pourtant n'était pas au top de sa forme ce matin-là).  J'ai la bouche sèche, je tremble.  J'avais envie de vômir (devant la Fortunati, ça aurait tu été assez baroque à votre goût?).  Je parle de la Joconde, de Michelangelo, bref au moins j'avais les classiques.  J'ai parlé du livre que j'avais à lire, Saturno e la Melancolia.  J'ai parlé de l'extase de Teresa d'Avila.  J'ai rien dit de particulièrement intelligent mais je m'en suis tirée avec un 25, Mylène aussi.  Ouf! On a mangé une pizza pour fêter ça.

Bon sinon, c'est bien beau mais j'ai un autre examen le 25 juin (art médiéval), avec le prof Benati.  Je pense que ça va être encore plus difficile... je vous dis que je vais en regarder des crucifix pendant les deux prochaines semaines.

Sur une note moins stressante, j'ai hébergé la semaine passée mes derniers invités de couch surfing à Bologne (avec cet examen qui s'en vient, non ce la faro' mai, j'y arriverai jamais quoi).  C'était un couple de Montréal, Greg et Carole; en fait, Greg a grandi a Toronto et habite depuis 8 ans à Montréal.  Carole est bretonne, elle a fait un échange étudiant à Concordia il y a 3 ans je crois, elle a trouvé un appart dans lequel habitait Greg.  Ils sont tombés amoureux une semaine avant qu'elle retourne en France.  C'est beau l'amour non? Peu importe, bien sympa ce duo, surtout que j'ai eu plein de beaux cadeaux, dont du beurre demi-sel et un gros morceau de fromage du Trentin Haut-Adige.  J'aime le couch surfing! Il y a deux jours, mon sommeil s'est vu troublé par un joueur de flûte à bec (il jouait pas très bien); hier, pendant qu'on étudiait dans la cuisine, une personne du voisinage a essayé de jouer au moins pendant 20 minutes The Girls From Ipanema à la flûte traversière (c'est un débutant).  Je sais pas c'est quoi la passion ici pour les instruments à vent! Je suis aussi retournée à la maison du manager, où j'ai vu des centaines de lucioles voler dans les herbes hautes.  C'était la plus belle chose que j'ai vu de mâââ vie.



Bon, assez parlé.

vendredi 29 mai 2009

Antiquité grecque ou romaine?


En vedette cette semaine, le mauve.  Le mauve est partout en Italie, ça fait presque mal, c'est comme ça au Québec aussi?

Vous rappellez-vous de Francesco no2, celui qui fait du bruit avec des casseroles et des balles de ping-pong? Et de Giorgio, le gars qui fait des merveilles avec de la roquette? Ces deux-là étaient partis pendant quelques mois faire du bruit un peu partout en Europe; ils jouent ensemble.  Hier, ils jouaient à l'XM24, un autre de ces "centro sociale".  Personnellement, j'étais jamais allée.  Je me souviens que Caro m'avait dit à propos de l'endroit: "À côté de toi, un groupe d'amis fument du pot; à la table devant, ça sniffe de la coke; pis dans le coin, y a un gars qui se shoote."* D'accord.  Mais j'ai décidé d'affronter le danger et d'y aller.  De tout façon, les junkies c'est comme les abeilles, si tu bouges pas ils te laissent tranquille (...mmh).  Donc, j'arrive à l'XM vers 20h, c'est bien car il fait encore un peu jour, il fait beau et pas trop chaud et à l'extérieur, il y a plein de kiosques de vêtements usagés, de fruits et légumes, de bouffe bio.  Checo (c'est le surnom de Francesco no2, on prononce "keko") et Giorgio doivent monter leurs trucs donc comme je suis laissée à moi-même, je m'achète un bout de pizza et une bière pour me donner une contenance.  Je finis par voir le Manager assis avec quelques autres personnes dont Valentina, la blonde de Giorgio.  

Si vous êtes avec des gens que vous connaissez peu, un des jeux auxquels vous pouvez jouer pour combler le silence et malaise éventuels et de se poser des questions simples.  Du genre "vin rouge ou blanc?" "Beatles ou Rolling Stones?" "Paris ou Londres?" En attendant que le show commence, donc, on s'est posés tout plein de questions.  Point de vue statistiques, la plupart d'entre nous préfèrent la banane à la pomme (sauf Luciano qui a dit: "Je hais les bananes, je les trouve abominables et je les tuerais toutes.") et les Beatles aux Rolling Stones.  J'ai appris que le Manager préfère le Ricard au Pernod, l'antiquité grecque à l'antiquité romaine, la littérature française du 19e siècle à la littérature russe de la même époque, les olives vertes au olives noires, Superman à Batman, Boris Vian à Serge Gainsbourg... etc.

On descend dans une petite salle pour écouter nos amis jouer.  Et jouer est le mot juste: à les voir accroupis à piocher sur un minuscule clavier Casio et faire de la percussion avec des fourchettes avec un enthousiasme hallucinant, on aurait dit deux bambins en train de s'amuser naïvement.  C'était déjà assez absurde, mais voilà que des gens se joignent au public (on était assez peu, une quinzaine peut-être) en criant à plusieurs reprises "ACAPULCOOOOOOO" et en bousculant les instruments de percussion; le "parté" était bel et bien "pogné".

Le reste de la soirée fut rempli d'anecdotes plus ou moins importantes.  Tout ce que je peux dire, c'est que je me suis réveillée à 15h avec une soif épouvantable.  Et que je ne sors pas ce soir.  Pour rassurer mes parents, je ne me suis pas fait piquer par des junkies.

Quant à ma vie en général, je vais en surprendre plusieurs: j'étudie à chaque jour (serais-je devenue plus studieuse que Nicolas?).  Hier ça a été un peu difficile de se concentrer car on a reçu la visite de la proprio, Mme Menarini (communément appelée la Menarini), qui était accompagnée de deux jeunes géomètres qui avaient l'air d'être encore au cégep.  On m'avait parlé de la Menarini dans le passé mais c'était la première fois que je la rencontrais.  Julian me dit: "si elle te pose des questions, tu dis que tu ne sais rien et que tu n'as rien vu."  Mike: "t'en fais pas, elle dit rien, elle fait juste balayer la pièce commune d'un air dégoûté." Ce qu'elle a effectivement fait.  

À part ça, je me fais des bons cafés et au concours de celui qui se lève le plus tôt le matin, c'est souvent moi qui gagne (ça, ça va surprendre papa et maman).  Ça fait longtemps que j'ai lu Dylan Dog, je m'ennuie de lui.  Je m'ennuie aussi des pâtes, à cause de la chaleur des derniers jours je n'ai rien cuisiné.

Je vous laisse avec une expression fameuse qui circule surtout dans le groupe avec qui j'étais hier: "Che spettacolo!" (ou simplement "Spettacolo") qui veut dire "Quel spectacle!"  Ce qui est bien c'est que vous pouvez l'utiliser à toutes les sauces.  Par exemple, Britney Spears fait un bon show: Che spettacolo! Votre ami glisse sur une peau de banane: Che spettacolo! Vous rentrez chez vous et c'est le bordel: Che sp...

*Sauf qu'elle est française, elle l'a pas vraaaaiment dit comme ça.

vendredi 22 mai 2009

Fait chaud


Cette semaine, il a fait en moyenne 32 à Bologne.

L'été à Casa Marranghello* s'annonce ardu.  L'avantage d'habiter sur Piazza Aldrovandi, c'est que c'est centrissimo, au centre quoi.  Sauf que du mercredi au samedi, de minuit à 3-4h du matin,  les fêtards aiment bien passer par notre belle place (c'est la plus belle de Bologne) et chanter des chansons.  Plus c'est fort, mieux c'est.  La fenêtre fermée, ça allait toujours, mais depuis quelques temps, il faut s'habituer au bruit.  Et croyez-moi, les italiens sont assez excentriques dans leur manière d'être saoul.  Hier, à 4h30 du matin, c'est le silence et tout le monde dort.  Sauf un type qui joue de la clarinette vraiment fort (mais peut-on jouer de la clarinette silencieusement?) sur la rue devant.  J'en étais presque au point de me lever et d'aller gueuler à la fenêtre: "BASTAAAAA!!!" sauf qu'un vieux monsieur du bloc d'à côté a eu plus de classe.  Il a ouvert ses volets et a dit d'une voix blasée: "allora?" (dans le sens de alors, tu arrêtes de nous casser les pieds?"  Bon, je m'habituerai au bruit... dormir la fenêtre fermée, j'"aguis ça", comme dirait Victor-Lévy Beaulieu**.

C'était cool avec Marianne et Laurie, les deux québécoises que j'hébergeais récemment.  Finalement, on l'a fait, cette fameuse poutine (merci à Gab pour l'envoi des sachets de poutine!), non sans mal.  On a craint pour la vie des frites (faites maison), et à un certain moment on était vraiment convaincues que ça allait être un échec.  Mais finalement non.  J'étais tellement émue que si j'avais été toute seule j'aurais pleuré.  Ahhh me voilà accro de nouveau!  En tout cas, j'ai mis mon restant de sauce dans un pot écrit "mascarpone" dessus... celui qui va ouvrir le pot en pensant y trouver de la mascarpone va avoir une méchante surprise.

L'autre jour, j'étais en train d'étudier dans la cuisine, assise dans l'embrasure de la fenêtre.  Je vous jure que j'aurais étudié tout l'après-midi si ce n'eut été de Luca qui entre et qui me dit: "Allons à la maison du Manager".  Ça sonne mafieux, mais le "Manager" est le surnom de Lorenzo, un ancien de Casa Marranghello, qui habite maintenant avec 2 colocs dans une maison de campagne à 30 minutes de Bologne.  Quoiqu'il en soit, je n'ai pas pu refuser.

Et j'ai bien fait! Sa maison est située dans les collines... euh... émiliennes? En tout cas.  Il a un grand terrain avec des figuiers, un barbecue en pierre, un chat, un ballon de soccer... Pour dîner, on s'est fait des "soucisses" et des aubergines et poivrons sur le gril.  On a bu du vin des vignes avoisinantes.  On a joué avec Bach, le chat.  Beck, The Clash et Boris Vian ont respectivement émerveillé nos oreilles à travers les speakers de la fenêtre.

Ne vous étonnez pas si j'y emménage l'année prochaine... je niaise.

Aujourd'hui j'étais à la recherche de gougounes cheap parce que chez nous, je marche pieds nus et après 5 minutes mes pieds sont NOUÈRS.  Je pensais naïvement qu'à force de ramasser la crasse sous mes pieds comme ça le plancher allait finir par être propre, mais non... Donc,  le vendredi et le samedi à Bologne il y a un marché où on peut acheter toutes sortes de cossins: des sacs réutilisables écrits "merry christmas" dessus, des bobettes avec de la paillette, des tapis de bain, un set de napperons aux couleurs de l'Italie, etc.  Vous connaissez mon amour du kitsch, j'avais de la misère à me retenir devant tous ces bons deals, mais je me suis dit avec sagesse: Jeanne, tu sais déjà pas comment tu vas faire pour ramener toutes tes bébelles au Québec.  J'ai pris une grande respiration et je suis partie (sans gougounes).

*Casa Marranghello, c'est le nom qu'on donne à notre appart.  Marranghello est le nom de famille d'un type qui a habité ici il y a longtemps; personne ne le connaît mais toutes les factures sont à son nom.
**Aguis=Haïs.  Mon diplôme d'arts & lettres me sert à quelque chose.  Ne sous-estimez jamais votre DEC!

Ah, pis j'ai ajouté des photos sur www.flickr.com/photos/siropdelapin


dimanche 17 mai 2009

Minou


Dernièrement on m'a dit que mon blog était ben l'fun à lire, merci c'est apprécié.  Il manquerait juste que Patrick Lagacé me fasse une plogue sur son blogue de La Presse et je serais la plus heureuse des femmes.

J'ai vécu les derniers jours un peu en ermite.  D'abord parce que j'étudie (j'essaie), et aussi parce que j'avais pas envie d'appeller personne.  Ça arrive.  Il faut dire que Benji est parti en Chine depuis le 12 mai, avec 60 piasses dans ses poches.  Magda, pareil.  Il revient juste le 29 juin, donc c'est avec une face de cocker que je lui ai dit bye, buon viaggio.  Quand on va se revoir, je vais être sur le bord de partir à l'aventure à mon tour... déjà!

Le 7 mai fut marqué par l'arrivée de Minou.  Vous allez me dire: "trop cute, vous avez adopté un p'tit chat!" Détrompez-vous.  Minou, c'est la maman de Caro, ma coloc française, en visite à Bologne jusqu'à demain.  J'étais contente parce qu'elle avait ramené quelques vivres: du vrai beurre (oui, le beurre italien est pas cher, mais c'est parce qu'il est dégueulasse!), du Maroilles (fromage du nord de la France absolutely délicieux), du vrai pain baguette, etc.  Pour célébrer ça, Caro a fait une lasagne orgasmique, j'étais plutôt ravie.

Il y a deux jours, on s'est fait une journée du style "visitons deux villes italiennes".  Notre choix: Padoue en avant-midi, Vérone en aprem.  Côté température, on était pas très choyées.  Le temps gris et pluvieux nous a suivies jusqu'à Vérone, mais au moins ça avait l'avantage de ne pas trop nous faire transpirer.  Padoue: on en fait vite le tour, joli mais sans plus.  Par contre, on s'est vraiment payées la traite à la Chapelle des Scrovegni, couverte de fresques de Giotto.  Moi qui l'étudie pour mon cours d'histoire de l'art médiéval, j'étais contente.

Quand on est arrivées à Vérone, j'ai commencé à inventer des tounes sur l'air de My Sherona, parce que c'est presque comme Verona ("On est allées à Padoue / pis y pleuvait / Pis après on est allées À VERONA!"), bref.  Pour ceux qui l'ignorent, Vérone est le lieu où prend place l'histoire de Roméo et Juliette.  Bien que les Montaigu et les Capulet soient deux familles ayant réellement existé, mes recherches semblent indiquer que les personnages de Roméo et Juliette sont complètement fictifs.  C'est comme le Père Noël.  N'empêche, quand on peut faire du cash avec quelque chose, on se gêne pas.  Moi qui aime les cartes postales laides, j'étais vraiment bien servie.  Côté attractions, il y a bien sûr la "maison" de Juliette avec le fameux balcon (qui aurait apparemment été rajouté au XXe siècle, selon mes informateurs) sous lequel Roméo cruisait sa belle. Caro demande: "bon, y a plein de trucs à voir à Vérone... la maison de Juliette, on s'en tape, oui?"  Une heure et demi plus tard on était à la maison de Juliette.

Pour accéder à sa baraque, il faut passer dans un portique qui au fil des années a été couvert de messages d'amoureux ou de post-it de célibataires cherchant l'amour.  Puis on arrive dans une cour intérieure où il y a: primo plein de touristes, deuzio le balcon de Juliette, terzio la statue de Juliette.  On dit de cette statue que si on lui touche le sein, ça porte chance en amour.  La pauvre Juliette, elle a du en voir des vertes et des pas mûres depuis tout ce temps.  Ça y allait de flash et de poses absurdes.  Prenant mon courage à deux mains, je me dis: "heille, on est touriste où on l'est pas".  Je donne ma caméra à Caro et je m'en vais "toucher le toton" de Juliette.  Quant à Caro, elle lui a plutôt "tripoté les nibards".

Malgré l'affluence des touristes, Vérone m'a vraiment charmée.  C'est plein de petites rues, de belles fenêtres à balcon, de fleurs; le charme y opère au même titre que Venise.

Ben sinon, j'héberge depuis hier deux filles de Québec sur Couch Surfing.  C'est bien cool, on va peut-être se faire une poutine ce soir.  Le père d'une des filles est André-Philippe Côté, le caricaturiste.  C'est drôle la vie quand même.

Bon eh bien sur ce, je vous laisse.  Je vais au Parc Lafontaine pour lire un livre qui s'appelle "Saturno e la melanconia".  Addio!

jeudi 7 mai 2009

Tic Toc Tac


Quand je suis revenue de France, j'ai eu un gros rhube pendant un bon 3-4 jours: Bienvenue à Bologne, "tin", v'là un rhume et de la pluie! Youpi.  Ça fait maintenant 2 semaines que je suis revenue, retour à la réalité: je dois étudier.

Je vous explique brièvement le système universitaire italien, pour ceux encore ignorants dans le domaine.  Si l'Italie peut se vanter d'avoir des tonnes de ruines, des mamma qui cuisinent des sauces à spaghatte délicieuses dans des grosses marmites, des belles peintures, du bon café et une gestuelle géniale, l'école c'est toute une autre affaire.  Alors voilà: rien à faire de la session, mais à la fin il y a un examen écrit et un oral.  Pour ma part, les deux cours que j'ai sont des cours d'histoire de l'art.  Pour l'examen écrit, je dois donc étudier tous les manuels d'histoire de l'art que je trouve sur mon chemin (j'en ai pas encore trouvé dans les bacs de recyclage par contre), mémoriser des tonnes d'oeuvres par coeur, Ghirlandaio, Aspertini, Leonardo, tous ces gars-là.  À l'examen, le prof projette des diapo: une dizaine, 5 minutes chacune pour identifier l'artiste, le titre de l'oeuvre et l'année ainsi qu'un bref commentaire ("full beau").  J'ai un cours où une chance, les étudiants étrangers n'ont pas à faire l'examen écrit.  Par contre, mon prof d'histoire de l'art médiéval est particulièrement sournois.  Les diapo sont souvent des "zoom" de peintures, donc comment je suis sensée savoir que la face de Saint-Mathieu ou qui sais-je encore est en fait à l'extrémité droite du crucifix de machin? En tout cas, ils sont de même en Italie.  Après, si je passe l'examen écrit, j'ai l'immense privilège d'avoir un entretien avec le prof ou un de ses nombreux assistants; cet entretien, c'est l'examen oral.  Pour ça, je dois lire et relire un livre au choix parmi une liste dans le plan de cours et répondre à une question en lien avec le contenu.  Le prof me propose une note sur 30, j'ai le choix d'accepter ou de refuser.  Si je refuse la note, j'ai la possibilité de reprendre l'examen oral; il y a 3 "appels".

Le bon côté de tout ça, c'est qu'étant étudiante étrangère, je me fous de la note.  Sur mon relevé de notes de l'Université de Montréal, ça sera écrit "Équivalent".  Donc si j'ai 18/30, ou 30/30, on s'en fout.  En autant que je passe.  Le mauvais côté c'est que c'est con comme système.  Et donc 1 mois et demi à l'avance, je dois aller presque chaque jour à la bibliothèque pour regarder des images de statues et de madones tristes parce que Jésus est mort.  Hé seigneur!

Mais bon, assez chiâlé.  Ça fait 2 semaines que j'ai pas écrit parce que je savais pas quoi donner comme nouvelle.  Mais hier j'ai passé une assez drôle de soirée qui mérite sa place sur mon blogue.  En fait, Magda, la blonde de Benji (aussi mon amie), mon coloc chilien, est venue coucher à la maison.  Elle est arrivée vers 22h30 en me disant qu'elle allait rejoindre deux de ses amies du secondaire italien.  Magda vient d'une région au nord de l'Italie, sa langue maternelle est l'allemand mais elle a appris l'italien à l'école.  Donc ses amies sont ici pour faire de la traduction italien-allemand-anglais pour deux allemands qui, attachez-vous bien, sont venus assister à une convention de VÊTEMENTS ET D'ACCESSOIRES POUR CHIENS.  OUI! Je pouvais pas mieux tomber.  Donc on va les rejoindre, sur Piazza Verdi.  C'est drôle parce que les allemands sont vraiment le cliché des allemands un peu brusques et qui parlent fort.  Au début j'étais contente parce qu'ils ont ben du cash et je me faisais payer des mojito, "enwèye don".  Et puis on parlait de chiens, je trouvais ça extrêmement drôle et absurde.  Mais bon un des gars aimait bien s'écouter parler, donc après une demi-heure de chien, on a eu droit à ses états d'âme quand il conduit un tracteur, ses opinions sur le marché du thon, sur le végétarianisme (les végétariens ont quelque chose qui manque dans le cerveau donc ils sont pas aussi intelligents que les autres, etc.)  Inutile de dire qu'après Obama et Las Vegas j'en avais plein mon cass' (ça rime).  On feint la fatigue et avec Magda, on rentre boire une bouteille de vin chez moi.

Sinon, la vie continue.  Le temps passe vite.  Hier, je suis allée me chercher une pizza à la pizzeria en bas de chez nous.  En attendant mon festin, je me prends un magazine au hasard.  Ça s'avère être une revue faite exprès pour les "chefs" de pizza: annonce de fours à pizza, recettes, congrès de pizza, des photos du meilleur "pizza man" d'Italie avec Miss Italia, etc.  Mais j'ai trouvé ça drôle parce qu'à une page, il y avait une pub pour un four à pizza extra-puissant sur lequel trônait une pitoune italienne en robe de soirée.  Je me suis dit, dans le monde, y a les pitounes de char et en Italie, y a les pitounes de fours à pizza.

Fin de l'entrée.

jeudi 23 avril 2009

France, suite et fin


De retour au café internet, avec Francis Cabrel qui joue en musique de fond.

J'en arrive maintenant à la fin de mon petit voyage, c'était bien cool. Petit résumé des évènements marquants:

-Les gens de couch surfing. Je suis tellement people que je suis tombée chez un gars dj qui mixait les deux soirs où j'étais chez lui. Sinon, j'ai été hébergée une nuit chez un vrai français du sud avec l'accent et on s'est bien entendus. Celui qui m'héberge en ce moment ressemble en tous points à Max (la même coupe de cheveux, les mêmes pantalons, les mêmes t-shirts, les mêmes bras, le même chapeau, les mêmes habitudes de vie) sauf que Max est 10000 fois plus cool.

-Les gorges du Verdon: à environ deux heures de route de Marseille, j'y suis allée dimanche dernier avec Julien et Marguerite. Le décor faisait très "seigneurdesanneautesque": immenses falaises, petites rivières turquoises, tunnels noirs, Julien imitant un Nazgul, temps incertain... en plus, on avait revêtu des genre de capes/imperméables qui nous donnaient l'air de vrais hobbits. Sur le chemin du retour, on prend deux autostoppeurs polonais.

-Les calanques, prise deux: mon initiation aux sport extrême. Bon je dis sport extrême, mais pour moi il m'en faut pas gros. Je me sentais comme dans une émission de Canal Vie où les gens normaux sont appellés à dépasser leur limites dans des situations extrêmes. Sensations fortes, bonheur et camembert pour cette belle journée qui se termina curieusement bloqués dans le trafic marseillais pendant 2 heures, sous une pluie torientielle qui se changea en grêle.

-Marseille: Love love. Mardi je suis allée à Notre-Dame de la Garde comme une bonne touriste, ça valait le coup. C'est une cathédrale ben belle située dans le centre de Marseille, mais perchée bien haute. Vue imprenable sur tout Marseille. Le parc Chanot... j'ai été dégoûtée par ce parc (parce oui, en France apparemment ils disent "dégoûté" pour dire "déçu") . Moi qui m'attendait à trouver de grandes étendues gazonnées où on peut s'asseoir et lire, ben non, c'était plutôt "Bienvenue au Royaume des bebés". A l'entrée, une dizaine d'enfants sautent dans un château gonflable sur fond de musique techno. Je continue mon chemin: carrousel et carrés de sable. Au bout du parc, je tombe en plein milieu d'un mini réseau de routes où les enfants, conduisant des genre de bolides-jouets de location, se pratiquent à devenir des futurs conducteurs marseillais. Basta le parc Chanot. Sinon, hier, je suis allée me balader dans Le Panier, le quartier le plus vieux de Marseille. Au moment où j'allais me questionner sur mon itinéraire, je vois surgir les deux autostoppeurs polonais qu'on avait embarqué en revenant du Verdon. Je m'exclame dans un polonais impeccable: "What the hell?!?" Nous marchons ensemble, conversations intéressantes sur le voyage et le poisson qu'on a mangé était ben bon.

Je dois maintenant aller me nourrir et aller faire l'épicerie en prévision de mon pénible voyage de retour jusqu'à Bologne (14 heures).

mercredi 15 avril 2009

Belle enfant des Iles


Quand je suis arrivée à Marseille, c'est la première chose qu'on m'a dit: "bonjour, belle enfant des îles", c'était un monsieur qui prenait son café sur une terrasse et qui m'a dit ça en me voyant marcher avec mes bagages.

J'écris d'un café internet et le clavier azerty me donne des pulsions de mort (appuyer sur shift pour faire un point, sont fous ces français). Ma situation du moment: je suis hébergée chez Julien et Marguerite, de vieux potes de couch surfing qui nous avait accueillis, François et moi, lors de notre voyage en 2005. Ils habitent depuis deux mois dans un palace en plein dans le centre, à deux pas du port. J'ai même ma propre chambre avec un lit double.

J'étais pas fâchée de quitter Aix; 5 jours dans une petite ville bourgeoise ça fait long, surtout que la température n'était pas excellente. La balade en voiture n'a donc pas eu lieu, de toute façon les voitures de location étaient toutes déjà réservées, congé de Pâques oblige. J'ai tout de même été vraiment bien reçue chez Shawn et Nicole, on a eu une belle journée et on a fait une chouette randonnée autour du Mont Sainte-Victoire (un peintre inconnu en aurait fait quelques toiles, paraît-il). J'ai aussi eu l'occasion de mettre mes apprentissages de traductrice en pratique car Nicole étudie elle aussi la traduction (à Concordia) et m'a fait réviser son travail, qui portait sur l'influence du français sur l'anglais au Canada (saviez-vous que les albertains disent parfois "tabarnak", "tannant" ou "franchement" dans leurs phrases en anglais?) A notre dernier repas, j'ai concocté un plat bien de chez nous: des pâtes. Mais pour en revenir à Aix, c'est pas que j'ai pas aimé ça, c'est juste que pour une région qui se targue d'avoir 300 jours d'ensoleillement par année, j'avais l'impression que la ville m'en voulait personnellement en me gratifiant de gros nuages. Mais pour ceux que ça intéresse, j'ai vécu un beau moment en voyant une voiture filer qui 'blastait' la toune de technoviking dans le tapis. Il y avait aussi un festival de la bd, des trucs vraiment cools exposés dans divers endroits de la ville.

Marseille, j'aime beaucoup, aussi c'est bien de revoir Julien et Marguerite. Julien fait des jeux de mots merveilleux sans s'en rendre compte, comme quand je lui ai demandé, en voyant sa planche de surf dans le salon:
-Tu fais du surf?
-Vaguement.
La pognez-vous?
Sinon, hier il a fait une journée vraiment superbe, j'ai longé le vieux port jusqu'à la corniche, qui est collée sur la méditérranée: c'était écoeurant, l'air de la mer, il faisait chaud, j'avais même mis de la crème solaire! J'ai même poussé l'audace jusqu'à descendre sur une petite plage où des gens se baignaient (La plage du prophète, c'est son nom) pour me mettre les petons dans le sable. Et pour ceux que ça intéresse, oui j'ai vu une fille "les totons à l'air" (je le précise seulement parce que je connais bien certains de mes amis). Arrivée dans le coin des clubs privés super sélect, je bifurque et retourne chez mes amis.

Demain je suis hébergée chez quelqu'un d'autre mais en fin de semaine, avec Julien et Marguerite on va possiblement aller faire un tour de toto dans les environs, j'aimerais bien les voir ces fameuses gorges quoi. Sinon hier, il était question qu'une de leurs amies vienne souper; elle est au chômage, elle travaille la céramique, elle aime les randonnées et elle possède une voiture. Marguerite m'a dit: "elle va venir souper, tu pourras la rencontrer et si vous vous entendez bien, vous pourrez explorer les environs ensemble". C'est drôle, j'avais quasiment l'impression que j'avais un blind date de randonnée avec la fille. Finalement elle est pas venue car trop fatiguée, mais on sait jamais.

Bon alors c'est ça... pour répondre à ta question Francis, concernant ton rêve, je parle français normalement.

mercredi 8 avril 2009

Chez les cousins


Avant que j'oublie, j'ai un message pour Jean-Seb. J'ignore s'il lit ce blog, mais je pense qu'il doit savoir. Cette nuit, j'ai rêvé à toutes sortes de choses qui m'apparaissaient comme des révélations super importantes sur la vie. Je parlais à des gens de mon entourage et on se disait plein de vérités (évidemment je ne me souviens pas de la majorité). Et à un moment donné Jean-Seb arrive et me dit: j'hais ça la comptabilité! je veux pas faire ça de ma vie! c'est de la marde! Alors Jean-Seb, je pense que tu devrais prendre un moment pour réfléchir à tes choix de carrière. Je dis ça parce que je suis ton amie.

Aujourd'hui je suis à Aix-en-Provence. Je suis partie en autobus de Bologne, c'était 14 heures donc un moyen voyage. Rien à dire sur le trajet, c'était de nuit donc assez difficile d'être émerveillée, même si je n'ai pas vraiment réussi à dormir. À 7h30 j'arrive à Aix, parmi tous les gens qui vont travailler; j'arrête une fille pour lui demander dans quelle direction est le centre-ville, ce qui est bien tombé car elle y allait justement. On en a profité pour parler, je lui ai dit: désolée de vous retarder. Elle me répond: bah c'est pas grave, je fais que pointer! (j'ai pas trop compris moi non plus)

A Aix j'ai des amis qui y habitent, Shawn et Nicole. Certains d'entre vous les connaissent peut-être, c'est un couple d'Edmonton qui vivent à Montréal depuis un bon moment déjà. Et ils sont à Aix depuis janvier, comme moi à Bologne, pour étudier là (mais là ça tombe mal car il y a une grève LÀ-BAS AUSSI). Ils habitent dans une belle petite maison en dehors du centre, avec une mère et son fils de 10 ans, près de montagnes et de petits ruisseaux, very very beautiful quoi. J'ai d'ailleurs très bien dormi. Pour souper: pâtes au champignons, salade et lapin.

Aujourd'hui, je me réveille vers 11h et avec Nicole et Léo (le fils de sa mère, quoi), on va rejoindre Shawn à la cafétéria de la "fac" pour se bourrer la face à petit prix (2,85 euros pour une assiette pleine, salade, dessert, youpi). À 14h, Nicole va reconduire Léo à ses cours de théâtre avant d'aller elle-même à un cours. Je reste avec Shawn jusqu'à 15h (il avait des cours lui aussi) et une fois seule je me promène un peu dans les rues. Une chose que je trouve le fun à Aix c'est les noms de magasins, ainsi j'ai vu une boutique pour enfants qui s'appellait "Les petits petons", ou une autre "Le nain rouge" (???)... une librairie usagée nommée "Rue des bouquinistes obscurs". J'ai vu aussi une boutique de vin nommée "Nicolas" (ça adonne bien, malgré qu'il n'y avait pas de carling ice), et une boutique d'accessoires cheap portant le nom "Fanny" en lettres brillantes (désolée Fanny).

Cette promenade m'a fait constater que je me suis beaucoup habituée à ma vie en Italie. Je fais désormais des comparaisons avec l'Italie (et non pas le Québec), et quand je parle anglais avec Shawn et Nicole (on parle surtout en français, mais il nous arrive de "switcher") il m'arrive de répondre à leurs questions en disant "si" au lieu de "yes". Sinon... c'est con, mais je me suis habituée au 'eye contact' avec les italiens. Ici, les gens regardent pas avec autant d'insistance. REGARDEZ-MOÉ!!! Je blague. Sto scherzzando.

Vers 17h je commence à prendre la route vers la maison. Je m'arrête dans une pâtisserie pour acheter un dessert pour ce soir, un espèce de gâteau à la crème qui s'appelle "la tropezienne". Je me suis fait dire par un monsieur que c'est tellement bon que je voudrai plus jamais partir de Provence, alors attention!

Programme pour les prochains jours: demain, randonnée pédestre avec Shawn et Nicole dans les montagnes et villages environnants. Vendredi, on loue une voiture et on va dans les gorges du Verdon (le grand canyon français) et voir des petits villages. Il annonce pas une température écoeurante alors on verra... le 13 je pars de chez eux; le couch surfing commence.

jeudi 2 avril 2009

Le 2 avril


En vedette cette semaine, une photo de mon trône.

Aujourd'hui, c'est le 2 avril.  Le lendemain du 1er avril.  

Commençons l'entrée par une anecdote cocasse qui m'est arrivée ce matin-même (car oui, il m'arrive parfois de vivre le matin).  À 10h, j'avais mon examen d'italien au laboratoire de langue.  Vous savez, ce cours offert gratuitement aux étudiants étrangers, pour lequel on n'avait pas de prof et où il fallait aller de son propre gré faire des exercices au laboratoire?  En tout cas, mon examen c'était aujourd'hui.  J'arrive avec un bon 5 minutes d'avance (ou plutôt 15, on est en Italie), sauf que je me trompe de local.  Ce qui est drôle dans cette affaire-là c'est que je ne m'en suis pas rendue compte.  Donc j'arrive dans une pièce pleine de gens et je demande à la première fille que je vois: c'est l'examen final? Elle me dit oui.  Parfait.  Je m'assois et je sors mon passeport, comme spécifié dans le email de la prof (pour éviter que j'envoie Katerina faire l'examen à ma place).  Gros bordel s'ensuit, comme seuls les italiens savent le faire: la prof nous ordonne d'éloigner nos pupitres, un gars se propose pour passer les feuilles d'examen, sa petite gang l'applaudit et crie, je me dis: parfait, ça trompe pas, on est bien parmi les étudiants Erasmus.  N'empêche que je trouvais qu'ils parlaient bien italien.

Une fois le questionnaire entre mes mains, je lis un peu la procédure des choses: 4 questions à développement.  Ah? Il me semblait qu'à la pratique c'était plutôt des "fill in the blanks" (compléter un texte en comblant les espaces vides avec un choix de mots).  Je trouvais ça chien! Mais bon, ayant appris l'italien à "l'école de la vie", je me suis dis que c'était pas grave.  Sauf que bon, je trouvais que les questions étaient quand même compliquées: comment je suis supposée écrire 4 fois 15 lignes sur la psychologie cognitive? Moi qui suis allée qu'une fois au labo pour travailler, j'ai pensé j'avais du manquer quelque chose à un certain moment (ok, je sais.  Mais j'avais dormi 4 heures et j'avais pas eu le temps de déjeuner ni de boire un café).  Finalement, le bon sens me frappa dans le front et je me suis levée pour dire à la prof: scusez, moi je voulais juste faire l'examen d'italien, je pense que je me suis trompée.  Elle est restée bête, mettons.  Mais quoiqu'il en soit, je traverse le corridor, j'arrive au bon local, il est 10h20, évidemment l'examen n'est pas commencé.  Fin de l'histoire.  Oh en passant, ça s'est bien passé.

Quelques constat(ation)s en rafale:
-J'ai besoin de beaucoup de sommeil en Italie.  J'ai rencontré plusieurs étrangers qui m'ont dit la même chose: on dort trop bien en Italie.  Ce qui fait en sorte que 8 heures de sommeil italien = 4 heures de sommeil québécois;
-On peut tout mettre dans les pâtes, sauf du choux-fleur;
-Cette semaine j'ai découvert LA rue avec toutes les boutiques haut-de-gamme (Louis Vuitton, Chanel, Dolce & Gabbana): après 2 mois et demi à Bologne, je me demande s'il y a quelque chose quelque part qui a fait en sorte que je ne sois jamais allée dans le quartier des riches;
-Faire le ménage, ça ne chasse pas les blattes;
-On a hébergé notre premier couch surfer... un italien;
-Compte tenu des circonstances (i.e. vivre à 6), je fais ma vaisselle à la vitesse de l'éclair;
-J'ai appris tout récemment que le sacre que j'utilise tout le temps, cazzo, veut dire pénis.  Maintenant ça me gêne un peu de l'utiliser;
-Le lait italien n'a pas besoin d'être dans le frigo s'il n'est pas encore ouvert;
-La gestuelle italienne est beaucoup utilisée a) dans les matchs de foot b) chez les automobilistes;
-Les prêtres passent parfois d'appartements en appartements pour bénir la "casa".  Vous imaginez ma tête quand un prêtre s'est présenté chez nous pour bénir notre maison.  J'ai dit d'un air effrayé: "n..no... no grazie..";
-Je vais en France le 6 avril.



lundi 23 mars 2009

Youpi


Cette nuit, ma maman est apparue dans mon rêve pour me dire de laver mes draps.  Je pense que je vais faire ça demain.  

Autrement, la vie continue.  Niveau culinaire, je découvre de nouvelles façons de faire des pâtes.  L'autre fois, on a hébergé un type nommé Giorgio, c'est un ami de Luca et Benji.  Lui, il l'a l'affaire avec les pâtes.  Un paquet de roquette finement haché, une gousse d'ail, un peu de champignons, de l'huile et basta.  Ne pas oublier le parmesan.  Hier, j'ai aussi trouvé une place à kebab tenue par un Indien dont le frère habite à Montréal: il mondo è piccolo.

Côté lecture, je me sens pas assez à l'aise pour lire du Umberto Eco en italien.  De toute façon j'ai plein de lecture déjà: je viens de finir Siddharta, de Herman Hesse, livre qui m'a donné envie d'aller vivre dans une cabane près du Pô et d'écouter le fleuve me parler en me nourrissant exclusivement de bananes (seuls ceux qui l'ont lu peuvent comprendre).  La seule chose que je lis en italien, hormis les informations nutritives sur les produits que j'achète, c'est Dylan Dog.  C'est une bd d'une centaine de pages qui paraît mensuellement dans tout bon kiosque italien.  Dylan Dog, c'est l"indagatore dell' incubo"(le 'détective des cauchemars') , il enquête sur des cas mystérieux, des histoires de zombies, de possession diaboliques, de pactes avec la mort, d'adorateurs de satan.  Il habite à Londres avec son bras droit, Groucho Marx, le 'comic relief' de l'histoire.  À chaque aventure, quelqu'un vient faire appel à Dylan Dog pour résoudre une affaire mystérieuse, la plupart du temps une jolie femme, dont Dylan Dog 'tombe amoureux' (MON OEIL!!!).  Cette bd possède donc les trois critères les plus importants selon moi: Un bel homme, de la violence, du sexe, et des zombies (je sens que mes collègues amateurs de bd du MDL seraient fiers de moi).  Bon, ça fait quatre, en tout cas.  Jusqu'à maintenant je n'ai rencontré aucun italien qui aimait Dylan Dog, ou qui l'avait déjà lu, ce qui fait de moi la groupie par excellence (j'ai même un briquet Dylan Dog).

Cette semaine, j'ai aussi vu mon premier film doublé en italien, plusieurs d'entre vous le savent déjà mais je pense qu'il s'agit là d'une information pertinente.  Le film était: Nemico publico No1 (Ennemi public no1), le film sur la vie de Jacques Mesrine, le célèbre gangster français qui a "oeuvré" dans les années 60 et 70 en France mais aussi au Québec.  Avec Vincent Cassel et... Roy Dupuis.  Le choc du doublage ne fut pas trop intense, malgré que c'est assez étrange de voir Roy Dupuis et Vincent Cassel parler en italien sur le Pont Jacques-Cartier.  Ou quand Roy Dupuis sacre, il dit "cazzo", mais je peux très bien voir qu'il dit "criss" en réalité.  Je m'habituerai.  Je ne sais pas si ça sortira en salles au Québec, mais j'espère que oui pour vous parce que c'est pas mal bon.  Y a pas de zombies, mais ça va.

Les vacances de Pâques s'en viennent.  Je pensais en profiter pour aller dans le sud de la France car j'ai des amis à Aix-en-Provence et à Marseille.  Le reste de l'Italie, je me le réserve pour après les examens.

mardi 17 mars 2009

C'est ça qui est ça


Mes entrées de blogue deviendront de plus en plus espacées.

Après deux mois à Bologne, j'ai ma routine.  J'ai rencontré des gens qui sont devenus mes amis (voir la photo de vampires italiens aux yeux rouges ci-dessus).
J'ai découvert des endroits où je retourne régulièrement, je me suis familiarisée avec la langue, je me suis pris des habitudes.  Écrire trop régulièrement sur mon blogue me semble désormais un peu ennuyant, j'ai donc l'intention de le mettre à jour seulement lors de voyages merveilleux ou de découvertes absolutely extraordinaires, donc une fois par semaine environ.

Dans le même ordre d'idées (voyez que j'utilise bien les marqueurs de relation), j'ai décidé d'aller beaucoup moins sur internet, donc si je ne réponds pas tout de suite à vos emails, ce n'est pas que j'ai été mordue par un vampire italien ou que j'ai succombé à un empoisonnement alimentaire de prosciutto pas frais, c'est juste que je suis occupée à : prendre l'aperitivo, aller à l'école, écrire (Diem Perdidi, je ne t'oublie pas), lire, participer à des gigantesques pranzo (dîners) qui durent des heures, me prélasser au soleil de plus en plus chaud, découvrir les mille manières de faire des pâtes, bref, vivre ma vie italienne.  Toutefois je tâcherai de faire un effort pour donner des nouvelles régulièrement à mes "genitori" (parents).  Voilà!

Je continue aussi de mettre des photos sur flickr une fois de temps en temps, jettez-y un coup d'oeil.


mardi 10 mars 2009

Chronique people (pipeul)


À la demande générale, je mets une photo de mon café et moi.

Quand je suis revenue de Parme, il y avait un inconnu en train de faire son lavage dans la salle de bain.  Vous imaginez bien que je suis un peu restée bête, sur le coup.  Mais on a fait connaissance: il s'appelle Francesco (oui, un autre!), il a habité ici pendant 4 ans (il connaissait déjà Benjamin, mon coloc chilien, et Luca, mon coloc italien, et sont tous les trois de très bons amis) et il revient tout juste d'une petite tournée en Europe avec son groupe.  Tous les Francesco semblent être sympathiques, parce qu'on a écouté The Yardbirds et Love, et on a plusieurs goûts en commun.

Lundi, Francesco numéro 2 (celui que je viens de rencontrer, car le Francesco numéro 1 ne supporterait pas d'être un autre numéro que le numéro 1) m'invitait à aller le voir jouer dans un sous-sol (public, mais sans nom) sur via Del Pratello.  J'y vais donc avec Benji, en pensant avoir toute la soirée devant moi.  Mais coup de théâtre, en attendant pour entrer dans la salle, je reçois un appel de Katerina qui me dit: "Est-ce que tu viens au concert de Francesco numéro 1 ce soir?" Fuck.  Moi qui pensais que c'était mardi soir, son pestacle.  Peccato, que je pense, dommage quoi.  J'avais promis à ce Francesco numéro 1 que j'irais, mais j'étais quand même intriguée par la performance de ce Francesco numéro 2.  Cependant, tout se règle car le premier concert commence assez tôt, et ne dure pas très longtemps.  En fait, Francesco numéro 2 était tout seul à faire des bruits avec des circuits électriques, des balles de ping pong et des casseroles.  Je sais que ça a l'air bizarre, et plus je me relis plus je trouve ça drôle.  Tout ce que je peux dire c'est que j'ai vraiment aimé ça, c'était pas mal 'figo' (cool), tous ces arrangements.   Une fois la chose terminée, je le félicite et salue tout le monde (ben, pas tout le monde, quand même, je suis pas si populaire) et je marche à pas rapide vers le Transylvania, ou Francesco numéro 1 joue avec son groupe, Murder Therapy.

Pas besoin d'être une bollé en anglais pour comprendre c'est quoi comme genre de place, le Trrransylvania.  C'est le rendez-vous de tous les métalleux de Bologne: mettons que je me sentais "pas rapport" avec ma petite veste rose.  Pour la décoration, on aurait dit que Décore ta vie (ou Manon, tu m'inspires) était passé par là, tellement le thème gothique était évident.  Pour décrire un peu, je dirais que ça faisait style "Halloween perpétuel au manoir de Dracula": citrouilles, têtes de morts, immenses chandeliers en fer forgé, grands rideaux rouges... au sous-sol, où les groupes se produisaient, c'était plutôt le genre 'crypte', avec des fausses plaques de personnages peu reluisants de l'histoire (le seul que j'aie retenu étant Charles Manson).  Quant aux tables, elles étaient en forme de cercueil vitré de façon à voir des "cadavres" (probablement bricolés par Ginette de Décore ta vie).  Bref, c'est ça.

Il restait deux groupes avant de voir Mourrrder Terrrapy (il faut prononcer à l'italienne).  Comme on est VIP, Katerina et moi on a des coupons pour une consommation gratuite.  Dans la catégorie cocktail, on choisit évidemment le plus cher, qui est un mélange tout à fait abominable de curaçao, de gin, de rhum, bref tous les alcools forts réunis sans une goutte de jus ou de pétillant quelconque.  On en a eu pour notre coupon, en tout cas.  Et boire cette consommation nous a permis de s'éloigner quelques temps de la scène, où les jeunes hommes vêtus de noirs se faisaient aller les cheveux.   J'avais aussi peur du chanteur; étant pleine de préjugés je l'ai étiqueté comme "néonazi schizophrène".  Et pis les vampires italiens, ça mord fort.

Après une heure d'attente NOTRE Francesco numéro 1 fait sa performance tant attendue.  Le metal, c'est pas mon genre de musique, mais Francesco il l'avait l'affaire, même s'il était déçu (défaillances techniques), moi j'y ai cru! Bien joué petit!

Voilà qui met fin à cette soirée bien remplie: deux concerts de deux Francesco, je suis-tu assez big shot?

samedi 7 mars 2009

Ravissement et émerveillement à Parme, la ville des chats


Aujourd'hui Mylène et moi on était dues pour une deuxième expédition secrète (rappellez-vous de Modène).  Mais on avait quand même mis Miranda au courant; c'est une hollandaise ben fine qui habite dans la résidence avec Mylène.  Quelle sera notre destination de rêve cette fois? Parme.

Une super belle journée en plus.  Je pourrais pas vous dire la température exacte, mais le ciel était d'un bleu si bleu que c'en était presque indécent, et il faisait si chaud qu'au soleil il fallait absolument enlever son manteau.

Ce qu'on a trouvé de bien à Parme, c'est que le coin de la gare était pas trop glauque.  Bien sûr, il y avait quelques hommes pour nous faire des bruits de chats ("grrrr" ou "tssk tssk", vraiment charmant) mais le centre historique était à 5 minutes de marche à peine de la station.  Et quel centre! À notre arrivée, en début d'après-midi, tout était fermé mais ça nous a donné l'occasion de se balader dans les rues, sous le soleil chaud.  Le soleil italien.

C'est sur une terrasse située dans une belle grande piazza que notre choix "pranzo" (dîner) s'est arrêté.  On se prend chacune un menu du jour: assiette de pâtes aux tomates et basilic pour Mylène et moi, et crêpe au parmesan (et autres ingrédients dont je ne me souviens plus) pour Miranda.  Après, on s'est régalées d'une sélection de prosciutto et de salami, avec de mon côté une petite pensée pour mon frangin.  On avait aussi quelques bouts de parmesan, donc on s'est offert les spécialités de Parme pour un prix raisonnable.  Youpi! Rassasiées et un peu pompettes du vin 'frizzante' (pétillant), on s'élance à grands pas dans tous les kiosques qu'on voit.  C'est que depuis Férrâre, Mylène et moi on s'est découvert une passion sans borne pour les cartes postales de mauvais goût.  Et on n'a pas le choix de toute façon, parce que pour une raison que j'ignore, dans toutes les villes que j'ai visitées en Italie jusqu'à maintenant, les 'belles' cartes postales se font rares.  Ou bien elles ont l'air d'être dans le 'rack' depuis 1989, ou bien elles sont d'une laideur tellement épouvantable qu'il nous faut les acheter.  Miranda avait pas l'air de comprendre, mais elle connaîtra l'illumination un jour.

Mais on ne peut pas faire du tourisme sans visiter un monument, une église, un musée, un parc, une maison natale de quelqu'un, un château, une forteresse, ou photographier des vieilles portes, des petites rues pittoresques ou des statues équestres.  Alors après notre petit lunch, on s'élance vers la cathédrale la plus proche, qui s'adonne à être: LA GRANDE CATHÉDRALE DE PARME!!! Je suis nulle pour décrire des monuments, mais c'est grand, et c'est vieux (construit quelque part au 11e siècle).  À l'intérieur, c'est impressionnant.  Mettons que les plafonds sont plus hauts que dans mon appart, pis une belle job de peinture.  Non mais sérieusement.  Des tas de fresques partout, tellement partout que je savais pas où regarder, tellement partout que j'en ai un torticoli.  

J'ai oublié de vous raconter que sur la piazza devant la cathédrale, une foule d'adolescents (environ une quarantaine) faisaient une bataille d'oreillers à plumes.

Un peu fatiguées on commence à marcher vers la gare, en voulant faire un saut au Teatro Regio (XIXe siècle).  On ne peut pas voir la grande salle, avec les balcons et tout, mais en revanche on arrive pile-poil pour un concert de musique classique gratuit (Prokofiev).  En voulez-vous de l'émerveillement?

Ravies et émerveillées (poil aux pieds, où j'ai mal), on rentre à Bologne vers les 18h.  Basta!

mardi 3 mars 2009

Ma journée de marde au bureau de l'immigration

Brusque retour à la réalité depuis que papa et maman sont partis.

Faisons un saut dans le temps, à la manière de Back To The Future*.  Vous rappelez-vous de cette entrée de blogue où je disais que j'avais reçu un message texte de la police qui me convoquait au bureau de l'immigration le 3 mars à 8h42.  J'étais persuadée qu'ils avaient fait une faute de frappe dans mon message mais Mylène, qui doit passer à travers la même chose que moi, me montre que son rendez-vous à elle est en fin juin, à environ 10h37.  Tout ça pour dire que aujourd'hui, c'est le jour J.  Je me lève à 7h, maudissant mon mal de gorge et mon nez bouché; ça sera une super journée.  Quel temps fait-il? Un temps de cul. 

Le bureau de l'immigration se trouve sur une rue en périphérie de Bologne, dans un coin 'laitte', parsemé de petites usines et hangars beiges et gris.  C'est le genre de style industriel qui peut avoir son charme, mais vu les circonstances, je trouve ça plutôt déprimant.  Surtout que bon, j'ai mal calculé mes distances et j'arrive à 8h50.  Mais je commence à les connaître les italiens, et je me suis dis que s'il y a un pays dans le monde qui n'a aucune ponctualité, c'est bien l'Italie.

Je m'attendais à une salle avec des chaises et des panneaux affichants des numéros, et des guichets, et tout.  Eh bien non.  L'entrée donne sur une petite cour où plein de gens se parlent, brandissent des formulaires, et ont l'air un peu perdus.  Je ne sais pas trop si je dois attendre avec eux dehors mais après 2 minutes d'hésitation je décide d'entrer dans la pièce principale.

Alors à cet endroit il y avait une foule de gens amassés derrière des clôtures de métal (le genre qu'on voit à des concerts, près de la scène) qui n'ont pas l'air de savoir quoi faire.  La salle est complètement dépouillée de toute décoration ou meuble, il y a 3-4 portes qui mènent on sait pas trop où, c'est un bordel total, bienvenue en Italie quoi.  Je me sentais si misérable que j'aurais donné n'importe quoi pour avoir un foulard sur la tête, noué sous le cou, juste pour faire plus "immigrant old fashioned".   Après 10 minutes, je finis par comprendre que ça ne fonctionne pas par numéro, mais par appel de nom.  Et ce que je finis par savoir aussi, c'est que les italiens sont plus ordonnés que je pensais et que j'ai été appellée pendant les quelques minutes précédentes (alors que j'étais occupée à être en retard).  J'ai donc été placée à la fin de la liste.

Je parle à un monsieur qui est vraiment gentil et on intercepte un employé (parce qu'il est évidemment impossible de savoir quoi que ce soit) qui me dit que je peux passer à la file des guichets, comme beaucoup de gens n'ont pas répondu à l'appel.  

J'ai attendu environ 20 minutes aux guichets, essayant de voir si les garçons des guichets semblaient gentils.  C'est qu'au fond, je sais pas vraiment ce que je viens faire ici, et j'ai peur d'avoir oublié des documents, et qu'on se fâche contre moi, en italien en plus.  Mais finalement, ça se passe comme un charme, et le mot est juste parce que je me suis fait cruiser par 3 employés en même temps, visiblement séduits par mes grosses cernes et mes cheveux pleins d'humidité.  Qu'à cela ne tienne! Mes empreintes digitales sont maintenant dans les archives italiennes (ce qui est un peu épeurant).

Toutefois, l'Italie étant ce qu'elle est, je ne pouvais quand même pas revenir chez moi, simplement comme ça, pour récupérer le sommeil perdu.  Non.  Après avoir passé la matinée à attendre, on me dit que je dois aller dans un autre bureau de l'immigration près de la Piazza Maggiore pour faire d'autres empreintes digitales.  Évidemment, je trouve pas le bureau, je me fais "revirer de bord" trois fois, et ai-je précisé qu'il pleuvait à boire debout? Peu importe, je finis par trouver, et à 16h j'ai fini cette journée de merda.

*Les experts en voyages dans le temps savent toutefois qu'il faut à tout prix éviter d'interagir avec quiconque et surtout de se rencontrer soi-même dans le passé car cela pourrait causer des failles spacio-temporelles et éventuellement réduire le monde à néant.

La preuve


Voyez?

Il s'est écoulé bien des jours depuis ma dernière entrée de blog.  Faut m'excuser, mais je recevais de la visite particulière: le babbo et la mamma, qui venaient en Italie passer deux semaines.  Leur itinéraire: Rome, Bologne, Florence, Rome.  On se retrouve sans trop de problème à la gare: bisous et calins.  Je me charge de les reconduire à leur hôtel, qui s'appelle "Accademia" car sur la même rue, un peu plus loin, il y a l'École des Beaux-Arts (Accademia di Belle Arti).  Plus tard, je les amène prendre l'apéro chez Mo', où le babbo se délecte de vin sicilien.  Pour la mamma et moi, j'avais choisi le spritz, petit cocktail très populaire dans le nord de l'Italie, pour l'apéro.  Pour obtenir un spritz, rien de plus simple.  Il existe deux principales versions,  soit vin blanc et campari, soit vin blanc et aperol.  Pour rendre ça plus cute, vous mettez une tranche d'orange sanguine et basta.  Notre premier spritz fut un peu trop amer (beaucoup trop de campari), mais j'en ai pris un autre, cette fois avec de l'aperol, qui était délicieux.  

Pour le reste, je vous fais un résumé de nos activités.  On a beaucoup marché, je leur ai montré la Piazza Maggiore, la fontaine Neptune (avec Neptune dans toute sa splendeur et les petites nymphettes qui font sortir l'eau de leurs seins), l'endroit où j'ai mes cours, les Giardini Margherita (le Parc Lafontaine)... Évidemment, je leur ai aussi montré mon appartement, mes colocs, l'endroit où je fais ma petite prière, etc.

Pendant ces quelques jours, j'ai eu l'occasion de goûter à la fameuse cuisine bolonaise: côtelette bolonaise, boeuf braisé au vin rouge, filet mignon dans une sauce à base de vinaigre balsamique.  Samedi, on est allés dans un petit resto vraiment bien, près de leur hôtel.  C'est là que j'ai pris mon boeuf braisé.  Babbo a pour sa part pris une lasagne qui avait l'air "pas piquée des vers", et la mamma a choisi une assiette "dégustation" qui ressemblait à ça: mousse de jambon, salade d'artichauts avec tranches de parmesan, polenta... avec une petite bouteille de Clemente VII, on s'est vraiment régalés.  

Dimanche, la veille de leur départ, je les invitais à souper chez moi.  D'abord, parce que j'ai pensé que ça serait bien, et aussi, parce que le dimanche, beaucoup de commerces et de restaurants sont fermés.  Pour éviter de marcher trop longtemps et de faire soupirs et babounes, pourquoi ne pas se faire une petite bouffe simple chez fifille? Alors voilà, on a mangé une entrée de prosciutto, et comme plat principal, des tortellini aux épinards et au ricotta, le tout accompagné d'une salade de roquette.  On a pu manger notre dessert (des pâtisseries achetées au café où travaille Julian, avec qui je partage ma chambre) en parlant sur skype avec François.

Ces formidables aventures devaient bien sûr avoir une fin.  Lundi, au-revoirs tristounets sur le quai de la gare.  On se revoit dans 6 mois!  Quand même, j'ai été drôlement gâtée pendant ces jours, et j'ai eu droit à plein de cadeaux le fun: une compilation de rock progressif québécois, un cd mix de françois (vraiment excellent, quoiqu'il saute par moments!), une sélection de lecture alléchante, une canne de sirop d'érable (incontournable), les derniers numéros de Châtelaine et de Coup de pouce (Marie-Chantal Toupin va bien!), bref, Jeannette est contente.

Je me sauve car je dois aller continuer mes démarches d'immigration, mais j'écris sous peu et je mets des photos.

samedi 21 février 2009

Faire du camping en banlieue de Venise


Comme certains d'entre vous le savez, au mois de février, c'est le Carnaval de Venise.  Une tradition plus vieille que la Molson Dry ou la Labatt, je dois vous dire.  Étant une jeune étrangère (ou immigrante légale, à vous de choisir) à la recherche constante de choses "tellement typiques", je prends le train de 15h (cette fois, sans le manquer), en route pour Venise.  Évidemment, je ne suis pas seule.  Katerina devait y aller, mais finalement elle et Francesco retournent dans leur patelin pour quelque jours.  Je me glisse donc dans le groupe déjà formé de Mylène, Joël (qui était là à notre aventure à Modena) et David, un français.  

Le plan était de passer la soirée à Venise et de repartir le lendemain.  "Mais où as-tu donc dormi?", je vous entends déjà me le demander.  Certainement pas dans un hôtel de luxe avec vue sur le Grand Canal.  Le choix s'est plutôt arrêté sur un camping en dehors du centre, où on dort dans des petites cabines en chambre double.  Dans l'autobus pour s'y rendre, on voit le paysage de Mestre défiler sous nos yeux en devenant de plus en plus laid: usines, containers, vieilles clôtures en métal se succédaient et nous faisaient craindre le pire.  En plus, c'est finalement vraiment loin de Venise (20 minutes de bus jusqu'à la gare de Mestre).  On débarque de l'autobus à la tombée du jour avec comme trame sonore le bruit des grosses flammes d'une usine non loin du camping.  Après un check-in compliqué, on se met à la recherche de nos cabines respectives en se disant: Comme c'est beau Venise, comme c'est romantique.  On se serait crus dans un camping quelque part aux États-Unis.  Finalement, nos cabines sont toutes propres et bien chauffées.  Le coucher du soleil offrait une image assez particulière du site, et j'ai pris quelques photos.

Mais on est quand même pas venus à Venise pour se mettre guerlot au rhum dans une cabine de camping.  À "go" on s'est lancés vers le prochain bateau pour Venise (c'est plus chic que l'autobus) et en 20 minutes on était arrivés.  Plusieurs d'entre nous se sont achetés les fameux masques du carnaval au premier kiosque trouvé.  Pour ma part, le prix (18 euros) m'a rebutée.  J'aurais eu fière allure mais à quoi bon payer une fortune pour quelque chose qui finira "écrapouti" dans le fond de mon sac? Notez que pour la photo, j'ai emprunté un masque cheapo qu'un californien avait déjà acheté quelque part.  Mais revenons à nos moutons.  Venise c'est si beau! C'est cliché je sais mais c'est VRAIMENT SI TANT BEAU! C'était particulier comme sentiment de se promener dans les rues et de rencontrer des gens déguisés, plusieurs avaient de supers beaux costumes de carnaval traditionnels, j'en ai rencontrés d'autres habillés en Batman, en Bob l'éponge ou en mexicain (pourquoi pas?), bref, beaucoup de diversité.  Certains s'étaient juste fait un maquillage fantaisiste évoquant le masque.  Sur la Piazza San Marco, c'était plein.  On fraternise avec des inconnus, un italien maquillé en harlequin m'offre du vin (ça ne goûtait pas le vin), je parle de America's Next Top Model avec quelques californiens, qui nous ont rejoint plus tard.  

Malheureusement, il faut quitter dès 23h puisqu'il ne faut pas manquer notre dernier autobus pour notre cher Camping Fusina.  Je serais volontiers restée toute la nuit, mais il fait vraiment frette à Venise.  Et puis quand même on a eu une chouette soirée.  À la gare, je croise par hasard Régis, qui avait disparu de la surface de la terre durant les 2 dernières semaines.  Hourra, il est vivant!

Je dois maintenant aller à la Coop.  Ça me fait penser, je dois regarder le prix de la livre de beurre.*  Aussi, j'ai décidé de mettre des photos sur flickr.  J'ai commencé à le faire mais j'ai rapidement atteint ma limite et je dois attendre au 1er mars pour en remettre d'autres.  Vous pouvez quand même vous rincer l'oeil sur www.flickr.com/siropdelapin.

*Le prix pour un bloc de 250 g est de 85 centimes.  Faites le calcul!

mercredi 18 février 2009

Les filles de Férrâre


Pour commencer, j'aimerais dire bravo à  Cath pour sa nouvelle photo de profil.  Je n'ai pas encore dévoilé mes lunettes excentriques à mes colocs, mais ça ne saurait tarder.  J'attends le bon moment.  Aussi, j'ai ajouté quelques photos.  Pour l'entrée du 2 février, c'est une photo de la piazza où j'habite.  Le 4, c'est à l'intérieur de mon immeuble et le 6 février c'est une photo de ma chambre avec mon lit en bordel.

La journée d'hier débuta avec un échec lamentable.  Primo, je me suis trompée d'arrêt d'autobus pour aller à la gare et j'ai du hâter le pas.  Secundo, Mylène et moi arrivons sur le quai 10 minutes avant le départ du train pour Férrâre.  On voit un train au bout du quai mais il nous apparaît petit et sans importance.  On s'asseoit donc sur le banc et on placote pendant un bon 15 minutes.  À un moment donné je dis: "Penses-tu que c'est ce petit train là qui va à Férrâre?"  Mylène me répond: "Ben j'sais pas... ça doit, il est pas mal l'heure".  Et c'est à ce moment que le train nous nargua en faisant tchou tchou et en partant dans notre face.  On s'est trouvées ben niaiseuses mais ça nous a permis de grignoter un peu, moi qui n'avait pas eu le temps de déjeuner.

Quoiqu'il en soit, la deuxième fois fut la bonne.  On débarque à Férrâre et comme dans beaucoup de villes, le coin autour de la gare a peu à offrir à notre émerveillement.  On remarque toutefois une grande tour d'appartements super laide, mais qui nous aidera plus tard pour nous situer.  On déambule dans les rues et le charme de Férrâre nous frappa en plein dans le front.  Mais la faim nous obligea bientôt à nous arrêter quelque part pour manger.  L'endroit qu'on a choisi s'avéra être la plus vieille "enoteca" (genre de "maison du vin") du monde, fondée au 15e siècle, lieu d'études passager du p'tit Copernic, bref, rien de bien spécial.  On s'est rendues compte plus tard en lisant le guide de Mylène qu'ils recommandaient cet endroit parce que c'est "tellement typique", preuve qu'on peut pas s'empêcher d'être des touristes.

Dans le guide, on avait lu que le Palazzo dei Diamanti (Le Palais des Diamants, pour les nuls en italien) était une place pas pire, qui abrite aussi un musée.  Je m'attendais à voir un château recouvert de milliers de diamants étincelants, mais je suis restée bête devant cette vieille bâtisse toute blanche avec des reflets bizarres, qui, avec un peu d'imagination, rappellent un peu des diamants.  Non, je blague, c'était bien beau.  En plus, dans le musée, il y avait une expo nommée "Turner e l'Italia".  Étant fans de Mister T (Mylène étudie en histoire de l'art, et moi, j'ai un grand frère qui étudie en histoire de l'art qui me l'a fait connaître), on a payé notre entrée et hop.  C'était vraiment écoeurant, comme on dit par chez nous.  

Retour à Bologne en fin de journée, et j'invite Mylène chez moi.  On s'achète une pizza "4 stagioni" et une bouteille de vin, qu'on mange en écoutant la Rai (la télévision nationale italienne) sur ma petite télé Philips rouge en noir et blanc.  Plus tard, je reçois un appel de Francesco qui m'invite au même centro sociale que l'autre fois.  J'ai eu le temps de me perdre 3-4 fois en chemin et de remercier mille fois la magie du cellulaire.  Il y a aussi presque eu une bagarre (pour faire du profilage racial, c'était des nouèrs, nouèrs comme le souèr, nouèrs comme les nouèrs de New York de Lucien Francoeur) mais ça s'est réglé avant que ma sécurité soit menacée.  Retour à la maison en passant à une pâtisserie ouverte 24h (je devrai m'habituer) pour se prendre un feuilleté tout plein de bonne crème.

Mot du jour: Comunque (prononcer comouncoué) ce qui veut dire en bon français, "anyway" ("anywho" pour Nicolas), "de toute façon".  Un petit mot bien utile.

Certains d'entre vous comprendront le sens du titre de l'entrée sous peu.

lundi 16 février 2009

Modena, une ville ordinaire

C'est maintenant la quatrième journée de suite que le soleil éblouit les Bolonais de ses mille rayons.

Samedi, jour des amoureux, je me lève presto (tôt) et je marche d'un pas guilleret et primesautier jusqu'à la gare, où j'avais rendez-vous avec Mylène.  Mylène c'est mon amie québécoise, on a suivi des cours d'italien ensemble à l'UdeM et on a même fait un oral sur Bologne ensemble à notre cours d'italien avancé.  Donc on était supposé être trois ou quatre et se faire un petit voyage tranquillos à Modena (Modène, ville du vinaigre balsamique, des Ferrari et de Pavarotti), qui se trouve à une demi-heure de train de notre Bologne chérie.  Eh bien finalement, on était douze.  Faut dire que Mylène habite en résidence et les nouvelles vont vite.  

Pas vraiment mon genre de voyage, surtout que les moindres décisions étaient examinées par le groupe et chacun avait une opinion différente de ce que devrait être notre itinéraire.  Et pour une raison que j'ignore, il ne fallait surtout pas se séparer.  Une chose de bien, c'est que j'ai pu pratiquer mon "italien québécois" avec Mylène: "mi piâché il prochuttô perké è môltô buônô*".  Quoiqu'il en soit, on marche dans les rues, qui sont pour ainsi dire vide.  On dirait que la ville dort.  Un parc, une église, une piazza, une autre piazza... On finit par s'arrêter dans une petite place pour manger ou je prends un panino Doc Modenese, avec du prosciutto, du parmesan et du vinaigre balsamique (qui n'a bien sûr rien à voir avec celui qu'on trouve dans les épiceries au Québec).  Ne sachant pas trop quoi faire de mieux, on va au musée de Modena, qui comprend une galerie de peintures du Moyen Age et de la Renaissance, et une partie du type "cabinet de curiosités".  Pas pire pantoute.  L'alarme a sonné trois fois parce qu'une fille de notre groupe oubliait chaque fois d'enlever son flash pour prendre des photos.

Lorsqu'on sort dehors, vers les 16h-17h, les rues sont bondées.  Mylène, Joël (un autre québécois) et moi on en a assez, on veut rentrer à la maison.  Les autres veulent voir le Dôme.  Alors on leur dit: "AU YÂBLE!" et on prend le train pour Bologne.  En lisant le guide de voyage sur l'Italie du Nord de Mylène, on lit: "Le Dôme vaut à lui seul la visite de Modène." Qu'à cela ne tienne, on y retournera quand ça nous tentera plus.  

Le soir, Sara, qui m'avait hébergée dans un passé lointain, m'invitait à une grande cena avec ses amis.  Au menu: tagliatelle à la crème, anis et oignons sautés avec des tomates, galettes au mozarella, et pour dessert, gâteau à l'orange et au chocolat et gelato au ricotta et café.  Après, je devais filer chez Alphonso, un ami de Katerina et de Francesco, dont c'était l'anniversaire en ce jour sacré.  La soirée était déjà avancée, et les gens mettaient des génériques de dessins animés italiens des années 80-90 sur youtube (vous vous rappellez de Denver le dernier dinosaure? En italien c'est "Ti voglio bene Denver", ce qui signifie "Je t'aime Denver").  J'ai aussi appris à des italiens à dire "Va chier", mais ça, Katerina et Francesco sont experts là-dedans, je leur ai appris il y a une semaine.  C'est drôle de les voir dire à leurs amis d'un air tout candide "Hé Giuseppe! Va chier!"  À 3h, la soirée se termine en faisant "la marche positive" jusqu'à la voiture.

Demain j'irai peut-être à Ferrara avec Mylène, cette fois-ci ce sera un secret ("Rendez-vous à la gâre pour aller à Férrâre")

Mot du jour: torta (gâteau)

*Non si traduce in italiano, Francesco

jeudi 12 février 2009

Semaine de rien cr...age

Primo, mes excuses pour ne point avoir donné de nouvelles. Il faut dire que ça ne me tentait pas vraiment.

Plusieurs choses se sont produites durant les derniers jours: d'abord, j'ai reçu un message texte de la police, me convoquant en bonne et due forme le 3 mars à 8h42 (véridique) pour examiner le statut de ma demande de permis de séjour. La police a le don de ne pas indiquer clairement le nom de l'expéditeur dans ses messages, or, l'ayant reçu vers 2h30 du matin, toute 'biérée' de Moretti, j'ai pensé que c'était ma compagnie de cellulaire qui me faisait des offres alléchantes et j'ai effacé une partie du message. Mais ne vous inquiétez pas, je retrouverai les détails de ce mystérieux message et je ne serai jamais une immigrante illégale.
Aussi, ce qui devait arriver arriva: la chasse d'eau s'est brisée, nous contraignant à évacuer nos petits besoins en versant un seau d'eau dans 'la bolle'. Sachez cependant que c'est maintenant réparé et que les chaudières ne sont plus nécessaires.
Eh pis autre belle découverte, le marchand de fruits et de légumes en bas de chez moi, sur la Piazza Aldrovandi. TOUS les fruits et les légumes sont à 99 cents le kilo, ce qui me permet d'acheter des tonnes de roquette pour une bouchée de pain (c'est Cath qui va s'en mordre les doigts).

Ces temps-ci j'ai surtout vu Bologne 'by night'. C'est que finalement, les cours que j'ai choisi commençaient plus tard. Le système universitaire italien est ainsi: un de mes cours commençait aujourd'hui, un autre le 29 février et un autre à la fin du mois d'avril. Un vrai casino (bordel). J'ai cependant eu l'occasion, au cours de mes escapades nocturnes, de découvrir le Sesto Senso (Sixième Sens), un bar tout près de chez moi. Ca sonne ésotérique, mais il n'en est point. La pièce à l'entrée sert de salle d'exposition, tandis qu'à l'arrière se trouvent des tables et des chaises, des divans, des étagères pleines de livres (c'est inutile de décorer un bar avec des livres, surtout que ça doit pas etre des chefs-d'oeuvre, mais tout le monde aime ça). C'est ainsi que lors d'une soirée molto arrosée au Sesto Senso avec Katerina, Francesco et leurs amis, j'ai rencontré Régis, un gentil breton qui a essayé tant bien que mal d'imiter notre parlure. C'était drole car il parlait comme Wilfred Le Bouthiller, un peu. Mais étant un gentil breton, il nous a tous invité à une 'grande cena' (souper) chez lui le lendemain.

Alors le soir suivant, Katerina vient me rejoindre chez moi et on s'en va manger des pates chez Régis. La suite reste nébuleuse, mais je me souviens qu'on est allés à l'Arteria, un bar près de la Strada Maggiore, qu'on a dansé au son de djs italiens, en sautant et en se tenant les mains, un peu comme des enfants. Grandiose.

Dimanche, il y a aussi eu un 'parté' dans notre villa pour le départ de Javier, le coloc espagnol qui part pour le Pérou. Une grande festa qui a duré jusqu'aux petites heures et qui a fini en karaoké général (il n'y a malheureusement pas de version karaoké de These Eyes sur Youtube donc je n'ai pas pu chanter mon classique, mais je me suis rabattue sur Bohemian Rhapsody, puisque c'est moi qui a le meilleur accent en anglais chez nous, AH!)

Lundi soir, je suis allée au concert de Mogwai à l'Estragon, la salle de spectacle la plus importante de Bologne (située toutefois au bout d'un stationnement glauque, entre deux autoroutes, vraiment loin du centre). Comme je commençais à etre malade, le son (vraiment trop fort) et la distorsion ne m'a pas fait trop de bien. Mais tout de meme c'était un bon show.

Pour rassurer ceux qui s'inquièteraient de mon cheminement scolaire, j'ai eu un cours d'histoire de l'art médiéval aujourd'hui et que je compte garder. Pourtant, les deux personnes à qui j'avais parlé de ce cours ont eu une réaction semblable à celle qu'on a en entendant des ongles sur un tableau. N'écoutant que mon courage, j'y suis allée. C'est un peu lourd, mais plusieurs termes sont semblables au français, donc ça m'aide. De plus, c'est situé dans un décor vraiment enchanteur, dans une petite piazza avec une église et une cour intérieure. La 'lezione' (cours) est dans une sorte de chapelle.

Basta.

Je vous laisse sur c'est quelques mots que j'ai appris ces derniers jours: opera d'arte (oeuvre d'art), rucola (roquette), cazzo (fuck!), fare caca (...) Belle association de mots n'est-ce pas?

vendredi 6 février 2009

Il pleut


Ciao a tutti!

Premièrement, pour répondre aux inquiétudes de ma tatie, Javier n'a que des intentions honorables à mon égard. D'ailleurs, le soir d'avant, quand je suis rentrée vers le 2-3h du matin, je l'ai entendu, lui et sa compagne, se faire des petites douceurs. Et n'oublie pas, tatie, que j'ai un cellulaire maintenant. En cas de danger, je peux donc appuyer sur la fonction 'aveugler l'ennemi avec les rayons laser'.

Alors hier soir, Mike (un de mes colocs, le seul italien avec Luca... et son vrai nom c'est Mike) m'a dit: 'stasera, usciamo' ce qui veut dire 'à souère, on sort'. Aussitot dit aussitot fait. Avec les voisines d'en vas, on part pour le Locomotiv, un bar en dehors du centre, surtout pour les concerts et pour danser. En premier lieu, il y avait un groupe américain du style Greenday. C'était drole car ils aimaient bien parler entre les tounes mais pas il y avait pas grand monde pour comprendre (je faisais ma fin-finaudE). Rien de spécial jusque là. Mais après le show, il s'est passé quelque chose d'extraordinaire. On est restés et j'ai dansé, et ce, sans avoir à me mettre 'geurlot', j'ai meme dansé sur de la musique que j'hais! Voyez comme je change. Mais il y avait quand meme de très bons trucs, merci aux DJs. J'avais l'impression d'etre à une danse d'école secondaire. Vers les 3h, le bon vieux classique de Lou Reed, Take A Walk On The Wild Side, nous indique qu'il serait le temps de déguerpir. Ce que nous faisons.

Aujourd'hui j'ai eu mon cours d'italien, qui est gratuit pour tous les étudiants Erasmus et qui peut éventuellement etre crédité à l'UdeM. Malheur, la profesoressa nous dit qu'ils sont en manque de personnel et que nous n'aurons pas d'enseignant, donc on doit tout faire soi-meme à la maison (en ayant toutefois accès aux laboratoires de langue). Plutot moyen.

Ce soir, je suis allée prendre l'aperitivo au Café Zamboni, ou mon coloc de chambre travaille. Vous allez me dire: tu partages ta chambre avec un homme?!? Hé bien oui. Je lui aurais bien dit 'mon éducation ne me permet pas de partager une chambre avec un homme si nous ne sommes pas mariés' mais mon vocabulaire en italien est trop restreint pour ça. Et puis c'est pas un italien, c'est un albanais qui vit ici depuis 4 ans. Et les albanais ne sont-ils pas réputés pour etre de véritables gentlemen? Boooon.

Non, mais plus sérieusement, les chambres doubles sont monnaie courante ici, tellement ça coute cher. J'aurais pu me payer une chambre à moi toute seule mais ça revient à me payer un 4 et demi, alors non. Alors pour vous rassurer, je suis très bien dans ma chambre 'double' et aussitot que je peux, je vous envoie une photo de Julian, pour que vous voyez sa bouille sympathique.

Mot du jour: Carciofo (prononcer cartchofo). Artichaut. Ici, l'artichaut est omniprésent, que ce soit baignant dans l'huile, dans les pates ou sur une pizza. J'en suis baba.

mercredi 4 février 2009

Aperitivo, villa abandonnée et Coop


Il est13h45, c'est le soleil et les cris d'enfants heureux qui m'ont réveillée (cliché, mais vrai). La veille, je suis allée prendre l'apéritif avec Javier (un aventurier espagnol vraiment sympa dont je prends la place dans l'appartement, mais qui couche sur le divan jusqu'au 10 février en attendant son départ pour le Pérou) au bar 'Mike e Max' (les plus futés d'entre vous auront compris que ça veut dire Mike et Max). Je dois prendre un moment pour vous parler de l'aperitivo, une habitude très courante ici. Vers 19h30, les gens se réunissent (soit dans les bars, soit chez quelqu'un) pour boire un verre avant le souper. Dans les bars, il y a plein de bouffe à la disposition de tous, donc les plus pauvres peuvent avoir un souper complet pour le prix d'une bière. Youpi! Avec Javier, on a parlé de ben des affaires: son projet d'écriture sur son voyage à vélo en Italie, notre vie sentimentale, la logistique des chambres doubles, etc.

Revenus à notre villa, on s'arrete dans l'appartement abandonné qui se trouve sur le meme palier, mais au bout du corridor. C'est un appart complètement vide et gigantesque, dépourvu d'électricité. Je suivais Javier qui éclairait notre trajectoire avec un briquet en pensant aux films d'horreur les plus épeurants. Ah je vous dis, une aventure n'attend pas l'autre.

Parlant d'aventure, je suis allée faire ma première épicerie hier. Le supermarché le plus près s'appelle la Coop (il faut prononcer 'cop', sinon on se fait regarder bizarre), c'est une chaine et il y en a plein en Italie. J'ai acheté du yogourt coop, des muesli coop, des biscottes coop, de la confiture coop... j'ai toutefois oublié de regarder le prix de la livre de beurre, ça sera ma mission pour la semaine prochaine.

Aujourd'hui, devinez quoi, je réessaie le cours de littérature italienne contemporaine, mais avec un autre prof. On verra. Et cette fois-ci ça sera sur la via Zamboni. Pour les photos, je ne pourrai pas en mettre pour quelques jours car je n'ai plus de batterie dans ma caméra et je dois attendre de recevoir mon chargeur par la poste.

Mot du jour: Babbo (papa). Si votre père vous sert du vin, vous pouvez lui dire 'bababa, babbo'