Cette semaine, il a fait en moyenne 32 à Bologne.
L'été à Casa Marranghello* s'annonce ardu. L'avantage d'habiter sur Piazza Aldrovandi, c'est que c'est centrissimo, au centre quoi. Sauf que du mercredi au samedi, de minuit à 3-4h du matin, les fêtards aiment bien passer par notre belle place (c'est la plus belle de Bologne) et chanter des chansons. Plus c'est fort, mieux c'est. La fenêtre fermée, ça allait toujours, mais depuis quelques temps, il faut s'habituer au bruit. Et croyez-moi, les italiens sont assez excentriques dans leur manière d'être saoul. Hier, à 4h30 du matin, c'est le silence et tout le monde dort. Sauf un type qui joue de la clarinette vraiment fort (mais peut-on jouer de la clarinette silencieusement?) sur la rue devant. J'en étais presque au point de me lever et d'aller gueuler à la fenêtre: "BASTAAAAA!!!" sauf qu'un vieux monsieur du bloc d'à côté a eu plus de classe. Il a ouvert ses volets et a dit d'une voix blasée: "allora?" (dans le sens de alors, tu arrêtes de nous casser les pieds?" Bon, je m'habituerai au bruit... dormir la fenêtre fermée, j'"aguis ça", comme dirait Victor-Lévy Beaulieu**.
C'était cool avec Marianne et Laurie, les deux québécoises que j'hébergeais récemment. Finalement, on l'a fait, cette fameuse poutine (merci à Gab pour l'envoi des sachets de poutine!), non sans mal. On a craint pour la vie des frites (faites maison), et à un certain moment on était vraiment convaincues que ça allait être un échec. Mais finalement non. J'étais tellement émue que si j'avais été toute seule j'aurais pleuré. Ahhh me voilà accro de nouveau! En tout cas, j'ai mis mon restant de sauce dans un pot écrit "mascarpone" dessus... celui qui va ouvrir le pot en pensant y trouver de la mascarpone va avoir une méchante surprise.
L'autre jour, j'étais en train d'étudier dans la cuisine, assise dans l'embrasure de la fenêtre. Je vous jure que j'aurais étudié tout l'après-midi si ce n'eut été de Luca qui entre et qui me dit: "Allons à la maison du Manager". Ça sonne mafieux, mais le "Manager" est le surnom de Lorenzo, un ancien de Casa Marranghello, qui habite maintenant avec 2 colocs dans une maison de campagne à 30 minutes de Bologne. Quoiqu'il en soit, je n'ai pas pu refuser.
Et j'ai bien fait! Sa maison est située dans les collines... euh... émiliennes? En tout cas. Il a un grand terrain avec des figuiers, un barbecue en pierre, un chat, un ballon de soccer... Pour dîner, on s'est fait des "soucisses" et des aubergines et poivrons sur le gril. On a bu du vin des vignes avoisinantes. On a joué avec Bach, le chat. Beck, The Clash et Boris Vian ont respectivement émerveillé nos oreilles à travers les speakers de la fenêtre.
Ne vous étonnez pas si j'y emménage l'année prochaine... je niaise.
Aujourd'hui j'étais à la recherche de gougounes cheap parce que chez nous, je marche pieds nus et après 5 minutes mes pieds sont NOUÈRS. Je pensais naïvement qu'à force de ramasser la crasse sous mes pieds comme ça le plancher allait finir par être propre, mais non... Donc, le vendredi et le samedi à Bologne il y a un marché où on peut acheter toutes sortes de cossins: des sacs réutilisables écrits "merry christmas" dessus, des bobettes avec de la paillette, des tapis de bain, un set de napperons aux couleurs de l'Italie, etc. Vous connaissez mon amour du kitsch, j'avais de la misère à me retenir devant tous ces bons deals, mais je me suis dit avec sagesse: Jeanne, tu sais déjà pas comment tu vas faire pour ramener toutes tes bébelles au Québec. J'ai pris une grande respiration et je suis partie (sans gougounes).
*Casa Marranghello, c'est le nom qu'on donne à notre appart. Marranghello est le nom de famille d'un type qui a habité ici il y a longtemps; personne ne le connaît mais toutes les factures sont à son nom.
**Aguis=Haïs. Mon diplôme d'arts & lettres me sert à quelque chose. Ne sous-estimez jamais votre DEC!
Ah, pis j'ai ajouté des photos sur www.flickr.com/photos/siropdelapin

C'est bon de faire l'école buissonnière, surtout quand il fait si chaud !
RépondreSupprimerles employés des postes sont des brutes et des barbares. non seulement ils ont plié en deux la carte postale que tu m'as envoyé, mais ils l'ont également déchiré. tristesse. à quand la plogue de Hugo Dumas?
RépondreSupprimerTu l'as dit bouffi que les employés des postes ne sont pas fiables : Bibi n'a pas encore reçu le message que Jeannette avait envoyé pour la fête des mères.
RépondreSupprimerTu peux et je peux remercier monsieur Lagacé.
RépondreSupprimerLouis Gauthier dans une liste de quatre auteurs (dans le profil), des mentions de Herman Hesse et de zombies... je suis maintenant un fan.
Ça nous prend tous des sacs «merry christmas». Et des bobettes à paillette, bien sûr.