Samedi, jour des amoureux, je me lève presto (tôt) et je marche d'un pas guilleret et primesautier jusqu'à la gare, où j'avais rendez-vous avec Mylène. Mylène c'est mon amie québécoise, on a suivi des cours d'italien ensemble à l'UdeM et on a même fait un oral sur Bologne ensemble à notre cours d'italien avancé. Donc on était supposé être trois ou quatre et se faire un petit voyage tranquillos à Modena (Modène, ville du vinaigre balsamique, des Ferrari et de Pavarotti), qui se trouve à une demi-heure de train de notre Bologne chérie. Eh bien finalement, on était douze. Faut dire que Mylène habite en résidence et les nouvelles vont vite.
Pas vraiment mon genre de voyage, surtout que les moindres décisions étaient examinées par le groupe et chacun avait une opinion différente de ce que devrait être notre itinéraire. Et pour une raison que j'ignore, il ne fallait surtout pas se séparer. Une chose de bien, c'est que j'ai pu pratiquer mon "italien québécois" avec Mylène: "mi piâché il prochuttô perké è môltô buônô*". Quoiqu'il en soit, on marche dans les rues, qui sont pour ainsi dire vide. On dirait que la ville dort. Un parc, une église, une piazza, une autre piazza... On finit par s'arrêter dans une petite place pour manger ou je prends un panino Doc Modenese, avec du prosciutto, du parmesan et du vinaigre balsamique (qui n'a bien sûr rien à voir avec celui qu'on trouve dans les épiceries au Québec). Ne sachant pas trop quoi faire de mieux, on va au musée de Modena, qui comprend une galerie de peintures du Moyen Age et de la Renaissance, et une partie du type "cabinet de curiosités". Pas pire pantoute. L'alarme a sonné trois fois parce qu'une fille de notre groupe oubliait chaque fois d'enlever son flash pour prendre des photos.
Lorsqu'on sort dehors, vers les 16h-17h, les rues sont bondées. Mylène, Joël (un autre québécois) et moi on en a assez, on veut rentrer à la maison. Les autres veulent voir le Dôme. Alors on leur dit: "AU YÂBLE!" et on prend le train pour Bologne. En lisant le guide de voyage sur l'Italie du Nord de Mylène, on lit: "Le Dôme vaut à lui seul la visite de Modène." Qu'à cela ne tienne, on y retournera quand ça nous tentera plus.
Le soir, Sara, qui m'avait hébergée dans un passé lointain, m'invitait à une grande cena avec ses amis. Au menu: tagliatelle à la crème, anis et oignons sautés avec des tomates, galettes au mozarella, et pour dessert, gâteau à l'orange et au chocolat et gelato au ricotta et café. Après, je devais filer chez Alphonso, un ami de Katerina et de Francesco, dont c'était l'anniversaire en ce jour sacré. La soirée était déjà avancée, et les gens mettaient des génériques de dessins animés italiens des années 80-90 sur youtube (vous vous rappellez de Denver le dernier dinosaure? En italien c'est "Ti voglio bene Denver", ce qui signifie "Je t'aime Denver"). J'ai aussi appris à des italiens à dire "Va chier", mais ça, Katerina et Francesco sont experts là-dedans, je leur ai appris il y a une semaine. C'est drôle de les voir dire à leurs amis d'un air tout candide "Hé Giuseppe! Va chier!" À 3h, la soirée se termine en faisant "la marche positive" jusqu'à la voiture.
Demain j'irai peut-être à Ferrara avec Mylène, cette fois-ci ce sera un secret ("Rendez-vous à la gâre pour aller à Férrâre")
Mot du jour: torta (gâteau)
*Non si traduce in italiano, Francesco

Ti voglio bene Jeannette.
RépondreSupprimerJ'avais oublié comment le dire et les outils de traduction à ma disposition ont le coeur trop nouère pour savoir ce qu'est le je t'aime amical en italien. Oui bon maintenant je tâcherai de m'en souvenir. Toutes les fois que tu décris des recettes j'en bave pendant des heures, voire des jours. Quand tu vas revenir je vais t'inviter à souper et mettre sur la table des tonnes d'ingrédients fancy que tu concocteras en un merveilleux plat formule nostalgie italienne. D'ici là amuse-toi bien et fuyez mes petites, fuyez la foule du grand Dôme aux cent noms. Mâa.
Heille Jeanne, désolé de pas écrire plus souvent c'est que.. ah ben non, j'ai même pas d'excuses. Tu sais, quand je vois Francis et/ou Gab ces temps-ci, c'est juste pour faire des gros trips de culpabilité parce qu'on devrait en faire un peu plus. Mais bon, ça a quand même pas l'air d'être la misère nwère de ton côté. Tu t'en douteras peut-être, mais ici ce n'est pas si excitant. J'veux dire, ça dit probablement plus « va chier! » de ton bord qu'ici. En tout cas, je te le souhaite d'aller le voir ce dôme et d'en faire un beau croquis que tu pourras prendre en photo puis poster sur ton blogue.
RépondreSupprimer-fram
P.S. Je me charge de te dénicher de la lecture.
Savais-tu que Modène était aussi renommée pour l'excellence de ses Zamponi, pieds de porc farcis? Tu nous en donneras des nouvelles.
RépondreSupprimerJ'aimerais aussi comparer le prix de la Moretti avec celui du kilo de roquette... et de la livre de beurre.
Pour le tourisme, on dit aussi beaucoup de bien de Ravenne et des ses mosaïques byzantines; mais cela fait bien des églises, basiliques, baptistères, tombeaux et autres édifices saints à visiter. C'est la grâce que je vous souhaite, ma filleule!
Hmmmmm! J'avoue que ce gâteau choco-orange me semble très apétissant !!
RépondreSupprimerEst-ce que "voglio" est apparenté au verbe vouloir ? Car, si qqu'un te dit qu'il te veut du bien, c'est sans doute qu'il t'aime... N'est-ce pas ? Mais trêve d'évidences.
Pour ce qui est du voyage à 12 et des multiples concessions que cela exige, je suis tout à fait compatissante, comme je l'avais écrit à François lorsqu'il était au Japon et qu'il déplorait une situation semblable ! Nos voyages en famille (à 9 !! ) relèvent aussi de l'exploit, et nous avons sûrement manqué "un dôme ou deux" au cours de nos périples.
Montréal, une ville PAS ordinaire.
RépondreSupprimerMighihghihihi.
Tatie: Effectivement, volere bene quelqu'un, c'est littéralement "le vouloir bien", mais c'est utilisé seulement de manière amicale. Par exemple, Katerina, un soir, était pas mal pompette, et elle me disait "ti voglio bene Jeannette!!!"
RépondreSupprimerMarraine: La Moretti coûte 1,20 euros pour une grosse bouteille. La roquette je la paie 99 centimes au marché en bas de chez moi. Quant à la livre de beurre... je t'en donne des nouvelles demain.
Frangin: Merci pour t'occuper de ma lecture! Va chier! *gros sourire*