jeudi 29 janvier 2009

La suite des aventures


Faut me pardonner, le temps me manque, et c'est un peu genant d'écrire de longs messages chez les gens.

Chez Lorenzo, tout s'est bien passé, il a été vraiment ottimo. Il m'ouvrait toujours la porte, me laissait les clés, et est vraiment vraiment gentil et bienveillant. Il est journaliste et travaille indirectement pour Berlusconi, mais c'est pour mieux détruire le système de l'intérieur, dit-il. Et je le crois, pas vous? Finalement, le centro sociale n'a pas eu lieu, car c'était le jour (ou le soir) du seigneur. Mais j'ai encore bien du temps.

Durant ces jours, je me levais tot et je 'dealais' avec la bureaucratie italienne: inscription à l'université, formulaires, demandes de permis de séjour... je vous sauve bien des détails, comme quand je me suis trompée d'adresse pour faire ma demande et que je suis arrivée dans une association chrétienne mais finalement tout s'est bien passé. J'ai maintenant le droit d'habiter ici, youpi! Je suis vraiment surprise de la facilité des procédures, il doit y avoir une pogne.

Après Lorenzo, Sara m'a hébergée de nouveau pour 3 nuits, ce qui est vraiment gentil de sa part compte tenu de son statut de professionnelle qui travaille molto molto. Elle habite seule dans un appartement au dernier étage, alors le plafond est en pente avec des poutres et c'est un joli petit nid douillet, j'y dors d'ailleurs merveilleusement bien. Demain je pars de chez elle pour aller... où le vent me mène, car la personne qui doit m'héberger ne m'a pas rappellée, alors on verra bien.

Aujourd'hui je suis allée chez Francesco et avec sa copine, Katerina, on est allés sur une des montagnes encerclant Bologne, un peu comme le mont Royal, avec une vue imprenable sur la ville. On a joué au frisbee invisible (les règles sont à peu près les meme qu'au frisbee normal). Ensuite on est allés aux Giardini Margherita, qui est comme le Parc Lafontaine de Bologne (voyez les associations merveilleuses que je fais?). Un petit café et hop, je rejoins Sara chez elle pour aller prendre l'aperitivo.

J'ai du vous les dire déjà mais j'emménage sur ma belle piazza le 1er février, donc très bientot. J'ai hate. Sinon, histoire de rendre Nicolas jaloux, Mogwai vient à Bologne le 9 février et j'irai probablement les voir avec Francesco, Katerina et un de mes futurs colocs.

Bon je vous laisse sur une expression typique de fin de conversation au téléphone: ciao ciao (et parfois un troisième ciao)

Bisous

dimanche 25 janvier 2009

Bologne II


Durant les deux derniers jours, j'ai commencé à connaitre un peu plus la ville. La chose la plus importante à savoir, c'est que Bologne est une ville 'circulaire' (c'est le bon mot en français? je commence à me perdre un peu...): toutes les rues partent du centre, où se trouvent la Piazza Maggiore et 'le due torri' (les deux tours), et continuent jusqu'à l'extérieur de la ville en s'éloignant progressivement les unes des autres. Allez sur google map et vous verrez. Ensuite, la via Zamboni: rue de plusieurs pavillons de l'université (dont celui de droit et de lettres), rue des étudiants (donc rue où se vend de la drogue de mauvaise qualité, un peu comme le parc Emilie-Gamelin), rue qui porte le nom du bolide pour nettoyer les arénas. Je vais souvent sur cette rue ces temps-ci car je dois m'inscrire pour l'université, et comme la bureaucratie italienne est loin d'etre irréprochable, je dois sans cesse y retourner (ils sont ouverts deux heures par jour). Un autre coin pas pire, c'est la Piazza Aldrovandi. C'est là que je vais habiter. C'est à cinq minutes à pied de l'université, il y a un 'raque à bécycles' dans la cour intérieure, et il y a des colocs cool. Et une table-tournante. Sous l'appart, il y a une bouquinerie, et devant, au milieu de la piazza, il y a un petit kiosque à journaux où je pourrai acheter La Repubblica pour lire les nouvelles italiennes en buvant mon espresso.

Concernant les derniers jours, j'ai beaucoup bougé. Avec mes deux derniers hotes, j'ai trouvé ça un peu pénible. A la fin, j'ai appellé Francesco à la rescousse et j'ai pu dormir chez lui. J'avais apporté de la bière, alors on a bu et écouté King Crimson, parlé de la vie, de choses importantes, ce qui confirme notre statut de 'close friends' sur couch surfing. Aussi, il m'a été d'une grande aide pour activer mon cellulaire. Car oui, maintenant, je suis une 'vraie européenne', comme dirait Jean-Seb. Maintenant il est fonctionnel, il m'a servi quelques fois déjà. Le soir meme (hier), j'avais rendez-vous chez Sara, mon autre hote couch surfing. Cette fois-ci l'expérience fut bien agréable. A Bologne, ces jours-ci, plusieurs galeries et musées sont ouverts plus tard et donc nous avons visité quelques expositions. J'ai pu ramasser quelques revues d'art et catalogues dans lesquels j'ai découpé de belles images pour décorer ma chambre.

Aujourd'hui, je suis partie de chez Sara et j'avais rendez-vous avec Lorenzo, mon autre hote, à la Piazza Maggiore (la 'place' la plus importante de la ville, au centre). Je savais pas qu'il y avait autant de monde le dimanche, plein de gens, des faux amérindiens qui chantent, des clowns... ok. Plus difficile de trouver Lorenzo parmi tout ce monde. MAIS! Grace à la magie du cellulaire, j'ai reçu un message de Lorenzo disant 'I'm near the fake indians' ce qui signifie 'Je suis près des faux indiens'. Alors voilà, je de nouveau foi en l'humanité maintenant. Lorenzo est vraiment cool et on a beaucoup de chose en commun. Ce soir on va dans un centro sociale près de chez lui. Attention: toutes les toilettes sont turques.

Pour finir, je vais faire mon chat copieur et vous apprendre des expressions ou mots le fun en italien, une fois de temps en temps.

Tranquilla/tranquillo: ça va, t'en fais pas. Je me le suis fait dire souvent quand je m'excusais de ne pas bien parler italien. Ils me répondent tous: 'tranquilla, tranquilla'.

jeudi 22 janvier 2009

La casa


Bonjour, peuple en délire.

Tout d'abord, merci pour les commentaires, ça me fait tout chaud d'assister à une amitié naissante entre Cath et ma tatie. Bon, pour les plaintes, soyez raisonnables: comme je ne peux pas utiliser mon ordi, je dois utiliser celui des autres pour faire ma sale besogne: couch surfing, recherche d'appart, alors le blog, il passe en dernier. Mais je vous tiens au courant.

Tout semble indiquer que j'ai trouvé mon appart, qui n'est pas l'auberge espagnole. Ils semblaient hésiter entre moi et une autre fille, et ça devenait molto compliqué (comme seule une auberge espagnole peut l'etre). Donc aujourd'hui j'ai visité un autre appart: 5 personnes y habitent dont 3 italiens. C'est situé sur une piazza (j'habite sur une piazza!!!) à 5 minutes de l'université. Après ma visite je suis restée avec eux, on a écouté du Neil Young et je pense que j'ai pas pu résister quand j'ai su qu'ils connaissaient -et chérissaient- Fleet Foxes. Le soir meme j'ai reçu une réponse comme quoi j'étais choisie.

Sinon, j'en ai ma claque du couch surfing. Après Francesco (so che tu mi leggi!*), mes hotes se sont avérés cosi cosi, voire très décevants. Je sais que ça fait pas longtemps mais en ce moment je ne me sens pas tellement dans mon élément. Enfin... je réécris bientot, il est possible que j'emménage à la fin janvier alors peut-etre que ma situation sera plus stable bientot.

*'Je sais que tu me lis'. Le coquin, il copie-colle mon blog sur un service de traduction en ligne.

mardi 20 janvier 2009

Il centro sociale


Je dois vous admettre que je me lève vraiment tard ces temps-ci. C'est pas de ma faute: Katerina, la copine de Francesco qui habite avec lui mais dans une autre chambre, me prete gracieusement son lit. Enfin, c'est pour vous dire que Bologne, jusqu'à présent, je l'ai vue pas mal juste la nuit (le souèr quand il fait nouèr).

En tout cas je dois absolument vous parler de ma soirée au centro sociale près de chez Francesco. Vu de l'extérieur, c'est une petite batisse style bunker, couverte de graffiti. A l'intérieur, tout est permis: fumer (pas mal n'importe quoi), laisser son chien en liberté, lancer des avions en papier aux gens derrière le bar... au premier étage, des petits groupes de musique locaux jouent les uns après les autres. Au deuxième, ce sont des expositions qui changent régulièrement. Alors voilà. On s'asseoit à table, on se prend quelques bières, tout va bien, jusqu'à ce que l'envie me prenne.
Je vais aux toilettes, un peu crades, pleines de graffitis et d'affiches.
J'ouvre la première cabine.
Non.
NON.
Des toilettes turques. Juste pour moi.
J'ouvre la deuxième porte: toilettes turques. Fuck.
La troisième porte: toilettes t... non! Un petit siège de toilette tout cute m'y attendait. La porte se barre pas, mais quelle expérience de sublime ai-je ressenti à ce moment.

Hormis les bécosses, c'était vraiment le fun comme place. C'est drole de voir les gars se taponner pour s'écoeurer, c'est de meme en Italie. Ca se touche bien plus que les filles entre elles on dirait, en tout cas peut-etre que les amis de Francesco ne sont pas un échantillon représentatif de la population. A part ça, un italien a mis son doigt dans mon oreille, un autre me taquinait car j'empilais les verres pour faire un peu de place sur la table, et il s'amusait à les défaire parce que c'est 'the italian way'. Avec Francesco et ses amis, on s'est pris en photo en illustrant différents concepts: la séparation, les gens qui partent et qui reviennent, la mentalité italienne... Aussi, j'ai failli causer un incident diplomatique, disant à un type en italien, "désolée, je ne parle pas bien italien et je ne comprends rien de ce que tu dis parce que c'est trop plate". Ce que je voulais dire, c'est que c'était trop bruyant. Mais je suis gentille alors je me suis savamment tirée de ce faux-pas.

Ouf pour l'italien je sens que mon cerveau est en train de ce transformer (un peu comme dans Akira, pour ceux qui connaissent). La troisième coloc de Francesco parle seulement italien alors je parle italien avec elle. D'ailleurs, j'ai eu droit à mon premier "primo, secundo..." de sa part, car elle disait qu'elle n'aimait pas les italiens, parce que "primo, ils sont caves" (en italien bien sur mais je me permets de le traduire librement ainsi) Sinon, au centro sociale, j'ai parlé avec Giulio, un punk si gentil qui m'a dit: "il tuo italiano è ottimo" ce qui veut dire "ton italien est full bon". Alors j'ai confiance.

Bon c'est assez long de meme. Aujourd'hui je pars de chez Francesco pour aller chez Manuel, mais on va rester amis pour la vie.

dimanche 18 janvier 2009

Bologne


Un petit message rapidos pour vous mettre à jour.

Je suis arrivée à Bologne hier, Francesco, mon hote, est venu me chercher à la gare en auto. Jusqu'à présent, tout le monde est vraiment gentil avec moi: le chauffeur d'autobus, le chat de Francesco, Francesco, etc. Hier soir, on est allés faire un petit tour dans le centre et j'ai pu constater que le samedi soir, ça 'rock' dans les rues de Bologne: pleins de jeunes sur le 'parté', ça crie, ça s'embrasse... en tout cas.

La différence de température est assez remarquable entre Rome et Bologne. Ici, je porte mon manteau d'hiver avec joie, et mon foulard aussi. Mais c'est quand meme drole de leur voir la bette aux italiens quand je leurs parle de -25 degrés.

Ce soir j'ai visité deux appartements (sans me perdre!!!). Le premier est une espèce d'auberge espagnole, 8 personnes y vivent: 4 italiens et 4 étudiants étrangers (Etats-unis, Norvège, Israel, France...). C'est une grosse maison à deux étages vraiment bien située et peu de temps après la visite, j'ai reçu un email d'une des personnes me disant qu'ils m'avaient bien aimée alors il est fort possible que je choisisse cette option. L'autre appart, les gens étaient vraiment sympas mais c'est très petit et plus cher... bon, mais on va quand meme prendre un kebab demain.

A presto!

P.S.: comme j'ai des problèmes avec ma prise d'ordi, je ne peux pas mettre de photo pour le moment.

vendredi 16 janvier 2009

Ils sont fous ces Romains


Bon, avant de commencer ce blog, j'aimerais dire un mot sur combien mon vol fut plaisant en compagnie de British Airways.  On m'a gavée de nourriture, mise à disposition d'une quinzaine de postes, on m'a parlée avec un accent british "trooop cute".  Non, mais sérieusement, le voyage s'est bien passé.  J'ai pu écouter le dernier film de Woody Allen, et je me suis même tapée une petite comédie romantique assez poche merci avec Michael Cera.  Mais l'important, c'est que je suis là, à Rome.  Dans mon hôtel, le Yellow.  

Concernant le Yellow: bon, on repassera pour le nom.  C'est correct, c'est salubre, les employés sont corrects.  Alors je donnerais une note de 7/10, seulement parce que les prises électriques fonctionnaient pas dans ma chambre, et parce que la musique qu'ils mettent dans la réception est pas très bonne (elle est sévère, la Jeanne).  Sinon, je pars à Bologne demain, j'ai mon billet.  Je dois dire que j'ai pas fait grand chose à Rome, j'étais fatiguée, et j'avais encore un peu mal aux pieds de toute ma marche de la veille.  J'ai marché autour de la gare (Termini), et j'avais des souvenir d'il y a trois ans avec François: le McDonald crados en face de la gare, le Musée National, la Piazza della Reppublica.  Comme j'ai oublié mon tube de dentifrice à la maison, j'en ai acheté un autre dans une pharmacie où j'ai eu la curieuse impression de me faire fourrer sur le prix du tube (nul besoin de partir un débat sur le prix du tube de dentifrice, tatie Danielle).  Mais bon, ils avaient l'air occupés, et apparemment c'était en rabais dans la circulaire.  À part ça, la circulation automobile m'a donnée un peu de fil à retordre.  Ça klaxonne, les passages pour piétons sont facultatifs, dans le sens où c'est pas parce que c'est ton tour que les voitures vont nécessairement freiner...  j'imagine qu'on s'habitue! En tout cas je veux pas donner l'impression que je me plains la bouche pleine alors: Rome c'est si beau... si j'avais plus de jours devant moi j'aurais certainement été me balader dans le forum.

Pour ceux qui se demandent dans quelle langue se déroule mes interactions avec les gens, je dirais que c'est difficile.  Au Yellow, les employées sont toutes anglaises, sauf une italienne, qui a l'air d'aimer ça dire "allo" (elle dit tout le temps allo!).  D'ailleurs, elle m'a recommandée une place pas très loin pour de la bonne pizza.  Toute contente, j'y suis allée hier, et comme je savais pas dire 'morceau' en italien, ça a été quand même ardu.  La madame s'est impatientée, je me confondais en excuse, j'ai dit 'moi, je veux juste de la pizza pour 5 euros'.  Finalement j'en ai eu pas mal, mais j'ai eu si peur qu'elle se fâche! Moi qui suis si gentille... J'y retourne ce soir, et avec mon plus beau sourire.

Sinon c'est ça... aucune mésaventure à part que mon dentifrice a failli rester prisonnier dans le tube (maudits 'caps' de sécurité!).

Ah j'oubliais, parce que je sais que vous traversez une période de froid sibérien... il faisait un soleil radieux à Rome aujourd'hui, et un beau 12 degrés.