samedi 21 février 2009

Faire du camping en banlieue de Venise


Comme certains d'entre vous le savez, au mois de février, c'est le Carnaval de Venise.  Une tradition plus vieille que la Molson Dry ou la Labatt, je dois vous dire.  Étant une jeune étrangère (ou immigrante légale, à vous de choisir) à la recherche constante de choses "tellement typiques", je prends le train de 15h (cette fois, sans le manquer), en route pour Venise.  Évidemment, je ne suis pas seule.  Katerina devait y aller, mais finalement elle et Francesco retournent dans leur patelin pour quelque jours.  Je me glisse donc dans le groupe déjà formé de Mylène, Joël (qui était là à notre aventure à Modena) et David, un français.  

Le plan était de passer la soirée à Venise et de repartir le lendemain.  "Mais où as-tu donc dormi?", je vous entends déjà me le demander.  Certainement pas dans un hôtel de luxe avec vue sur le Grand Canal.  Le choix s'est plutôt arrêté sur un camping en dehors du centre, où on dort dans des petites cabines en chambre double.  Dans l'autobus pour s'y rendre, on voit le paysage de Mestre défiler sous nos yeux en devenant de plus en plus laid: usines, containers, vieilles clôtures en métal se succédaient et nous faisaient craindre le pire.  En plus, c'est finalement vraiment loin de Venise (20 minutes de bus jusqu'à la gare de Mestre).  On débarque de l'autobus à la tombée du jour avec comme trame sonore le bruit des grosses flammes d'une usine non loin du camping.  Après un check-in compliqué, on se met à la recherche de nos cabines respectives en se disant: Comme c'est beau Venise, comme c'est romantique.  On se serait crus dans un camping quelque part aux États-Unis.  Finalement, nos cabines sont toutes propres et bien chauffées.  Le coucher du soleil offrait une image assez particulière du site, et j'ai pris quelques photos.

Mais on est quand même pas venus à Venise pour se mettre guerlot au rhum dans une cabine de camping.  À "go" on s'est lancés vers le prochain bateau pour Venise (c'est plus chic que l'autobus) et en 20 minutes on était arrivés.  Plusieurs d'entre nous se sont achetés les fameux masques du carnaval au premier kiosque trouvé.  Pour ma part, le prix (18 euros) m'a rebutée.  J'aurais eu fière allure mais à quoi bon payer une fortune pour quelque chose qui finira "écrapouti" dans le fond de mon sac? Notez que pour la photo, j'ai emprunté un masque cheapo qu'un californien avait déjà acheté quelque part.  Mais revenons à nos moutons.  Venise c'est si beau! C'est cliché je sais mais c'est VRAIMENT SI TANT BEAU! C'était particulier comme sentiment de se promener dans les rues et de rencontrer des gens déguisés, plusieurs avaient de supers beaux costumes de carnaval traditionnels, j'en ai rencontrés d'autres habillés en Batman, en Bob l'éponge ou en mexicain (pourquoi pas?), bref, beaucoup de diversité.  Certains s'étaient juste fait un maquillage fantaisiste évoquant le masque.  Sur la Piazza San Marco, c'était plein.  On fraternise avec des inconnus, un italien maquillé en harlequin m'offre du vin (ça ne goûtait pas le vin), je parle de America's Next Top Model avec quelques californiens, qui nous ont rejoint plus tard.  

Malheureusement, il faut quitter dès 23h puisqu'il ne faut pas manquer notre dernier autobus pour notre cher Camping Fusina.  Je serais volontiers restée toute la nuit, mais il fait vraiment frette à Venise.  Et puis quand même on a eu une chouette soirée.  À la gare, je croise par hasard Régis, qui avait disparu de la surface de la terre durant les 2 dernières semaines.  Hourra, il est vivant!

Je dois maintenant aller à la Coop.  Ça me fait penser, je dois regarder le prix de la livre de beurre.*  Aussi, j'ai décidé de mettre des photos sur flickr.  J'ai commencé à le faire mais j'ai rapidement atteint ma limite et je dois attendre au 1er mars pour en remettre d'autres.  Vous pouvez quand même vous rincer l'oeil sur www.flickr.com/siropdelapin.

*Le prix pour un bloc de 250 g est de 85 centimes.  Faites le calcul!

mercredi 18 février 2009

Les filles de Férrâre


Pour commencer, j'aimerais dire bravo à  Cath pour sa nouvelle photo de profil.  Je n'ai pas encore dévoilé mes lunettes excentriques à mes colocs, mais ça ne saurait tarder.  J'attends le bon moment.  Aussi, j'ai ajouté quelques photos.  Pour l'entrée du 2 février, c'est une photo de la piazza où j'habite.  Le 4, c'est à l'intérieur de mon immeuble et le 6 février c'est une photo de ma chambre avec mon lit en bordel.

La journée d'hier débuta avec un échec lamentable.  Primo, je me suis trompée d'arrêt d'autobus pour aller à la gare et j'ai du hâter le pas.  Secundo, Mylène et moi arrivons sur le quai 10 minutes avant le départ du train pour Férrâre.  On voit un train au bout du quai mais il nous apparaît petit et sans importance.  On s'asseoit donc sur le banc et on placote pendant un bon 15 minutes.  À un moment donné je dis: "Penses-tu que c'est ce petit train là qui va à Férrâre?"  Mylène me répond: "Ben j'sais pas... ça doit, il est pas mal l'heure".  Et c'est à ce moment que le train nous nargua en faisant tchou tchou et en partant dans notre face.  On s'est trouvées ben niaiseuses mais ça nous a permis de grignoter un peu, moi qui n'avait pas eu le temps de déjeuner.

Quoiqu'il en soit, la deuxième fois fut la bonne.  On débarque à Férrâre et comme dans beaucoup de villes, le coin autour de la gare a peu à offrir à notre émerveillement.  On remarque toutefois une grande tour d'appartements super laide, mais qui nous aidera plus tard pour nous situer.  On déambule dans les rues et le charme de Férrâre nous frappa en plein dans le front.  Mais la faim nous obligea bientôt à nous arrêter quelque part pour manger.  L'endroit qu'on a choisi s'avéra être la plus vieille "enoteca" (genre de "maison du vin") du monde, fondée au 15e siècle, lieu d'études passager du p'tit Copernic, bref, rien de bien spécial.  On s'est rendues compte plus tard en lisant le guide de Mylène qu'ils recommandaient cet endroit parce que c'est "tellement typique", preuve qu'on peut pas s'empêcher d'être des touristes.

Dans le guide, on avait lu que le Palazzo dei Diamanti (Le Palais des Diamants, pour les nuls en italien) était une place pas pire, qui abrite aussi un musée.  Je m'attendais à voir un château recouvert de milliers de diamants étincelants, mais je suis restée bête devant cette vieille bâtisse toute blanche avec des reflets bizarres, qui, avec un peu d'imagination, rappellent un peu des diamants.  Non, je blague, c'était bien beau.  En plus, dans le musée, il y avait une expo nommée "Turner e l'Italia".  Étant fans de Mister T (Mylène étudie en histoire de l'art, et moi, j'ai un grand frère qui étudie en histoire de l'art qui me l'a fait connaître), on a payé notre entrée et hop.  C'était vraiment écoeurant, comme on dit par chez nous.  

Retour à Bologne en fin de journée, et j'invite Mylène chez moi.  On s'achète une pizza "4 stagioni" et une bouteille de vin, qu'on mange en écoutant la Rai (la télévision nationale italienne) sur ma petite télé Philips rouge en noir et blanc.  Plus tard, je reçois un appel de Francesco qui m'invite au même centro sociale que l'autre fois.  J'ai eu le temps de me perdre 3-4 fois en chemin et de remercier mille fois la magie du cellulaire.  Il y a aussi presque eu une bagarre (pour faire du profilage racial, c'était des nouèrs, nouèrs comme le souèr, nouèrs comme les nouèrs de New York de Lucien Francoeur) mais ça s'est réglé avant que ma sécurité soit menacée.  Retour à la maison en passant à une pâtisserie ouverte 24h (je devrai m'habituer) pour se prendre un feuilleté tout plein de bonne crème.

Mot du jour: Comunque (prononcer comouncoué) ce qui veut dire en bon français, "anyway" ("anywho" pour Nicolas), "de toute façon".  Un petit mot bien utile.

Certains d'entre vous comprendront le sens du titre de l'entrée sous peu.

lundi 16 février 2009

Modena, une ville ordinaire

C'est maintenant la quatrième journée de suite que le soleil éblouit les Bolonais de ses mille rayons.

Samedi, jour des amoureux, je me lève presto (tôt) et je marche d'un pas guilleret et primesautier jusqu'à la gare, où j'avais rendez-vous avec Mylène.  Mylène c'est mon amie québécoise, on a suivi des cours d'italien ensemble à l'UdeM et on a même fait un oral sur Bologne ensemble à notre cours d'italien avancé.  Donc on était supposé être trois ou quatre et se faire un petit voyage tranquillos à Modena (Modène, ville du vinaigre balsamique, des Ferrari et de Pavarotti), qui se trouve à une demi-heure de train de notre Bologne chérie.  Eh bien finalement, on était douze.  Faut dire que Mylène habite en résidence et les nouvelles vont vite.  

Pas vraiment mon genre de voyage, surtout que les moindres décisions étaient examinées par le groupe et chacun avait une opinion différente de ce que devrait être notre itinéraire.  Et pour une raison que j'ignore, il ne fallait surtout pas se séparer.  Une chose de bien, c'est que j'ai pu pratiquer mon "italien québécois" avec Mylène: "mi piâché il prochuttô perké è môltô buônô*".  Quoiqu'il en soit, on marche dans les rues, qui sont pour ainsi dire vide.  On dirait que la ville dort.  Un parc, une église, une piazza, une autre piazza... On finit par s'arrêter dans une petite place pour manger ou je prends un panino Doc Modenese, avec du prosciutto, du parmesan et du vinaigre balsamique (qui n'a bien sûr rien à voir avec celui qu'on trouve dans les épiceries au Québec).  Ne sachant pas trop quoi faire de mieux, on va au musée de Modena, qui comprend une galerie de peintures du Moyen Age et de la Renaissance, et une partie du type "cabinet de curiosités".  Pas pire pantoute.  L'alarme a sonné trois fois parce qu'une fille de notre groupe oubliait chaque fois d'enlever son flash pour prendre des photos.

Lorsqu'on sort dehors, vers les 16h-17h, les rues sont bondées.  Mylène, Joël (un autre québécois) et moi on en a assez, on veut rentrer à la maison.  Les autres veulent voir le Dôme.  Alors on leur dit: "AU YÂBLE!" et on prend le train pour Bologne.  En lisant le guide de voyage sur l'Italie du Nord de Mylène, on lit: "Le Dôme vaut à lui seul la visite de Modène." Qu'à cela ne tienne, on y retournera quand ça nous tentera plus.  

Le soir, Sara, qui m'avait hébergée dans un passé lointain, m'invitait à une grande cena avec ses amis.  Au menu: tagliatelle à la crème, anis et oignons sautés avec des tomates, galettes au mozarella, et pour dessert, gâteau à l'orange et au chocolat et gelato au ricotta et café.  Après, je devais filer chez Alphonso, un ami de Katerina et de Francesco, dont c'était l'anniversaire en ce jour sacré.  La soirée était déjà avancée, et les gens mettaient des génériques de dessins animés italiens des années 80-90 sur youtube (vous vous rappellez de Denver le dernier dinosaure? En italien c'est "Ti voglio bene Denver", ce qui signifie "Je t'aime Denver").  J'ai aussi appris à des italiens à dire "Va chier", mais ça, Katerina et Francesco sont experts là-dedans, je leur ai appris il y a une semaine.  C'est drôle de les voir dire à leurs amis d'un air tout candide "Hé Giuseppe! Va chier!"  À 3h, la soirée se termine en faisant "la marche positive" jusqu'à la voiture.

Demain j'irai peut-être à Ferrara avec Mylène, cette fois-ci ce sera un secret ("Rendez-vous à la gâre pour aller à Férrâre")

Mot du jour: torta (gâteau)

*Non si traduce in italiano, Francesco

jeudi 12 février 2009

Semaine de rien cr...age

Primo, mes excuses pour ne point avoir donné de nouvelles. Il faut dire que ça ne me tentait pas vraiment.

Plusieurs choses se sont produites durant les derniers jours: d'abord, j'ai reçu un message texte de la police, me convoquant en bonne et due forme le 3 mars à 8h42 (véridique) pour examiner le statut de ma demande de permis de séjour. La police a le don de ne pas indiquer clairement le nom de l'expéditeur dans ses messages, or, l'ayant reçu vers 2h30 du matin, toute 'biérée' de Moretti, j'ai pensé que c'était ma compagnie de cellulaire qui me faisait des offres alléchantes et j'ai effacé une partie du message. Mais ne vous inquiétez pas, je retrouverai les détails de ce mystérieux message et je ne serai jamais une immigrante illégale.
Aussi, ce qui devait arriver arriva: la chasse d'eau s'est brisée, nous contraignant à évacuer nos petits besoins en versant un seau d'eau dans 'la bolle'. Sachez cependant que c'est maintenant réparé et que les chaudières ne sont plus nécessaires.
Eh pis autre belle découverte, le marchand de fruits et de légumes en bas de chez moi, sur la Piazza Aldrovandi. TOUS les fruits et les légumes sont à 99 cents le kilo, ce qui me permet d'acheter des tonnes de roquette pour une bouchée de pain (c'est Cath qui va s'en mordre les doigts).

Ces temps-ci j'ai surtout vu Bologne 'by night'. C'est que finalement, les cours que j'ai choisi commençaient plus tard. Le système universitaire italien est ainsi: un de mes cours commençait aujourd'hui, un autre le 29 février et un autre à la fin du mois d'avril. Un vrai casino (bordel). J'ai cependant eu l'occasion, au cours de mes escapades nocturnes, de découvrir le Sesto Senso (Sixième Sens), un bar tout près de chez moi. Ca sonne ésotérique, mais il n'en est point. La pièce à l'entrée sert de salle d'exposition, tandis qu'à l'arrière se trouvent des tables et des chaises, des divans, des étagères pleines de livres (c'est inutile de décorer un bar avec des livres, surtout que ça doit pas etre des chefs-d'oeuvre, mais tout le monde aime ça). C'est ainsi que lors d'une soirée molto arrosée au Sesto Senso avec Katerina, Francesco et leurs amis, j'ai rencontré Régis, un gentil breton qui a essayé tant bien que mal d'imiter notre parlure. C'était drole car il parlait comme Wilfred Le Bouthiller, un peu. Mais étant un gentil breton, il nous a tous invité à une 'grande cena' (souper) chez lui le lendemain.

Alors le soir suivant, Katerina vient me rejoindre chez moi et on s'en va manger des pates chez Régis. La suite reste nébuleuse, mais je me souviens qu'on est allés à l'Arteria, un bar près de la Strada Maggiore, qu'on a dansé au son de djs italiens, en sautant et en se tenant les mains, un peu comme des enfants. Grandiose.

Dimanche, il y a aussi eu un 'parté' dans notre villa pour le départ de Javier, le coloc espagnol qui part pour le Pérou. Une grande festa qui a duré jusqu'aux petites heures et qui a fini en karaoké général (il n'y a malheureusement pas de version karaoké de These Eyes sur Youtube donc je n'ai pas pu chanter mon classique, mais je me suis rabattue sur Bohemian Rhapsody, puisque c'est moi qui a le meilleur accent en anglais chez nous, AH!)

Lundi soir, je suis allée au concert de Mogwai à l'Estragon, la salle de spectacle la plus importante de Bologne (située toutefois au bout d'un stationnement glauque, entre deux autoroutes, vraiment loin du centre). Comme je commençais à etre malade, le son (vraiment trop fort) et la distorsion ne m'a pas fait trop de bien. Mais tout de meme c'était un bon show.

Pour rassurer ceux qui s'inquièteraient de mon cheminement scolaire, j'ai eu un cours d'histoire de l'art médiéval aujourd'hui et que je compte garder. Pourtant, les deux personnes à qui j'avais parlé de ce cours ont eu une réaction semblable à celle qu'on a en entendant des ongles sur un tableau. N'écoutant que mon courage, j'y suis allée. C'est un peu lourd, mais plusieurs termes sont semblables au français, donc ça m'aide. De plus, c'est situé dans un décor vraiment enchanteur, dans une petite piazza avec une église et une cour intérieure. La 'lezione' (cours) est dans une sorte de chapelle.

Basta.

Je vous laisse sur c'est quelques mots que j'ai appris ces derniers jours: opera d'arte (oeuvre d'art), rucola (roquette), cazzo (fuck!), fare caca (...) Belle association de mots n'est-ce pas?

vendredi 6 février 2009

Il pleut


Ciao a tutti!

Premièrement, pour répondre aux inquiétudes de ma tatie, Javier n'a que des intentions honorables à mon égard. D'ailleurs, le soir d'avant, quand je suis rentrée vers le 2-3h du matin, je l'ai entendu, lui et sa compagne, se faire des petites douceurs. Et n'oublie pas, tatie, que j'ai un cellulaire maintenant. En cas de danger, je peux donc appuyer sur la fonction 'aveugler l'ennemi avec les rayons laser'.

Alors hier soir, Mike (un de mes colocs, le seul italien avec Luca... et son vrai nom c'est Mike) m'a dit: 'stasera, usciamo' ce qui veut dire 'à souère, on sort'. Aussitot dit aussitot fait. Avec les voisines d'en vas, on part pour le Locomotiv, un bar en dehors du centre, surtout pour les concerts et pour danser. En premier lieu, il y avait un groupe américain du style Greenday. C'était drole car ils aimaient bien parler entre les tounes mais pas il y avait pas grand monde pour comprendre (je faisais ma fin-finaudE). Rien de spécial jusque là. Mais après le show, il s'est passé quelque chose d'extraordinaire. On est restés et j'ai dansé, et ce, sans avoir à me mettre 'geurlot', j'ai meme dansé sur de la musique que j'hais! Voyez comme je change. Mais il y avait quand meme de très bons trucs, merci aux DJs. J'avais l'impression d'etre à une danse d'école secondaire. Vers les 3h, le bon vieux classique de Lou Reed, Take A Walk On The Wild Side, nous indique qu'il serait le temps de déguerpir. Ce que nous faisons.

Aujourd'hui j'ai eu mon cours d'italien, qui est gratuit pour tous les étudiants Erasmus et qui peut éventuellement etre crédité à l'UdeM. Malheur, la profesoressa nous dit qu'ils sont en manque de personnel et que nous n'aurons pas d'enseignant, donc on doit tout faire soi-meme à la maison (en ayant toutefois accès aux laboratoires de langue). Plutot moyen.

Ce soir, je suis allée prendre l'aperitivo au Café Zamboni, ou mon coloc de chambre travaille. Vous allez me dire: tu partages ta chambre avec un homme?!? Hé bien oui. Je lui aurais bien dit 'mon éducation ne me permet pas de partager une chambre avec un homme si nous ne sommes pas mariés' mais mon vocabulaire en italien est trop restreint pour ça. Et puis c'est pas un italien, c'est un albanais qui vit ici depuis 4 ans. Et les albanais ne sont-ils pas réputés pour etre de véritables gentlemen? Boooon.

Non, mais plus sérieusement, les chambres doubles sont monnaie courante ici, tellement ça coute cher. J'aurais pu me payer une chambre à moi toute seule mais ça revient à me payer un 4 et demi, alors non. Alors pour vous rassurer, je suis très bien dans ma chambre 'double' et aussitot que je peux, je vous envoie une photo de Julian, pour que vous voyez sa bouille sympathique.

Mot du jour: Carciofo (prononcer cartchofo). Artichaut. Ici, l'artichaut est omniprésent, que ce soit baignant dans l'huile, dans les pates ou sur une pizza. J'en suis baba.

mercredi 4 février 2009

Aperitivo, villa abandonnée et Coop


Il est13h45, c'est le soleil et les cris d'enfants heureux qui m'ont réveillée (cliché, mais vrai). La veille, je suis allée prendre l'apéritif avec Javier (un aventurier espagnol vraiment sympa dont je prends la place dans l'appartement, mais qui couche sur le divan jusqu'au 10 février en attendant son départ pour le Pérou) au bar 'Mike e Max' (les plus futés d'entre vous auront compris que ça veut dire Mike et Max). Je dois prendre un moment pour vous parler de l'aperitivo, une habitude très courante ici. Vers 19h30, les gens se réunissent (soit dans les bars, soit chez quelqu'un) pour boire un verre avant le souper. Dans les bars, il y a plein de bouffe à la disposition de tous, donc les plus pauvres peuvent avoir un souper complet pour le prix d'une bière. Youpi! Avec Javier, on a parlé de ben des affaires: son projet d'écriture sur son voyage à vélo en Italie, notre vie sentimentale, la logistique des chambres doubles, etc.

Revenus à notre villa, on s'arrete dans l'appartement abandonné qui se trouve sur le meme palier, mais au bout du corridor. C'est un appart complètement vide et gigantesque, dépourvu d'électricité. Je suivais Javier qui éclairait notre trajectoire avec un briquet en pensant aux films d'horreur les plus épeurants. Ah je vous dis, une aventure n'attend pas l'autre.

Parlant d'aventure, je suis allée faire ma première épicerie hier. Le supermarché le plus près s'appelle la Coop (il faut prononcer 'cop', sinon on se fait regarder bizarre), c'est une chaine et il y en a plein en Italie. J'ai acheté du yogourt coop, des muesli coop, des biscottes coop, de la confiture coop... j'ai toutefois oublié de regarder le prix de la livre de beurre, ça sera ma mission pour la semaine prochaine.

Aujourd'hui, devinez quoi, je réessaie le cours de littérature italienne contemporaine, mais avec un autre prof. On verra. Et cette fois-ci ça sera sur la via Zamboni. Pour les photos, je ne pourrai pas en mettre pour quelques jours car je n'ai plus de batterie dans ma caméra et je dois attendre de recevoir mon chargeur par la poste.

Mot du jour: Babbo (papa). Si votre père vous sert du vin, vous pouvez lui dire 'bababa, babbo'

lundi 2 février 2009

Retour à l'école


Les derniers jours ont été assez occupés.

Tout d'abord, j'ai déménagé dans ma villa romaine. Arrivée là-bas, j'ai pu constater que j'ai oublié de demander ben des affaires. Résultat: la chasse d'eau fonctionne avec un système de cordes, la plupart des portes ne se ferment pas complètement, donc il faut accoter une moppe devant la porte quand on va faire ses petits besoins. Pour l'eau, il faut aller la chercher dans un puits qui se trouve... non, c'est faux. En tout cas, il y a ben des affaires qui marchent pas, l'appartement est vieux. Alors Nicolas, les problèmes d'appart qu'on a à Montréal m'apparaissent comme des caprices ici. Et c'est drole, personne n'a appellé la proprio, c'est comme si tout le monde s'était accomodé de ces petits défauts. Mais sinon, ma première nuit s'est bien passé, j'ai bien dormi.

Aujourd'hui, c'était la rentrée. Pour l'inscription aux cours, c'est un peu différent: il n'est pas nécessaire de s'inscrire bien à l'avance au cours, ainsi, quand la session commence, je peux aller aux cours que je veux et 'magasiner'. Une chance parce que le cours de ce matin (littérature italienne contemporaine) m'a un peu découragée. Ca se trouvait dans un batiment un peu étrange, qui contient environ 8 salles de cours. La salle dans laquelle j'étais faisait un peu style 'hangar', avec du plancher en béton, des grosses portes lourdes et de la tuyauterie plein le plafond. J'avais un peu 'frette' aux pieds, aussi. Le prof est arrivé 15 minutes en retard au cours, j'ignore encore si c'est normal ou non.

La suite se déroule comme un premier cours normal, avec la présentation du plan de cours et le matériel à lire. Sauf qu'à un moment donné je me rends compte que le prof a un tic de langage qui ressemble drolement à du bégaiement, ce qui me complique un peu les choses. Finalement, je pense que je vais laisser tomber ce cours, je ne crois pas etre assez bonne pour lire de la littérature en italien.

Donc voilà... les derniers jours avant de déménager, j'étais chez Francesco et Katerina(encore!). Samedi, on est allés voir un de leurs amis qui joue dans un groupe, et en fin de soirée on est allés manger des pates chez Giuseppe, qui habite dans un appartement rempli de gens qui ne faisaient que fumer du pot, jouer aux cartes et écouter de la télé américaine sans interagir avec les autres.

L'expression du jour: bababa. Comme quand quelqu'un vous sert du vin, et pour lui dire d'arreter, vous dites 'bababa!' (Je sais pas pourquoi mais j'ai l'impression que Cath va aimer cette expression)