lundi 8 juin 2009

Traumatisme numéro 1: 25/30


C'est un peu plate de passer les dernières semaines à Bologne enfermée à casa Marranghello ou à la bibliothèque des arts visuels.

Quelques uns d'entre vous savaient qu'aujourd'hui, le 8 juin, c'était le jour de mon premier examen.  Le 8 juin, c'est aussi le 159e jour de l'année; Descartes publia son Discours de la méthode un 8 juin, et c'est aussi le jour qu'ont choisi Nancy Sinatra et Kanye West pour naître (à 37 ans d'intervalle).  Le 8 juin, c'est aussi la "Journée Mondiale de l'Océan".  

Mais le 8 juin 2009, c'était surtout le jour de mon premier examen oral.  Mon entretien intime et sensuel avec Vera Fortunati, ma prof d'histoire de l'art "moderne" (donc du 15e au 17e siècle en Italie).  Pour vous faire un bref portrait de la Fortunati, elle est directrice du département d'arts visuels, elle enseigne plusieurs cours, a collaboré à la rédaction de plusieurs ouvrages, ce n'est donc pas n'importe qui.  Je garderai un souvenir impérissable de ses cours où elle se mettait soudainement à gueuler dans le micro, s'emportant sur des aspects d'une peinture qui venaient la chercher.  Elle était comme ça la Fortunati: très passionnée, mais épeurante.  Sauf mon respect, elle me faisait un peu penser à la méchante Ursula dans La Petite Sirène.

Donc, à 9h, Mylène et moi on se retrouve à attendre devant le bureau de la Fortunati avec une quinzaine d'étudiants.  On était figées de terreur.  J'étais incroyablement stressée.  La veille, Caro m'avait demandée de parler de la Joconde, juste pour le fun.  Ma réponse ne m'avait moi-même pas rassurée, n'empêche que Caro m'avait donné 22/30.  Bon.  Alors pour en revenir à l'action principale, j'étais nerveuse.  J'avais assez étudié, mais en italien l'information rentre moins bien dans mon cerveau.  J'attends 2 heures et demie dans le couloir avec Mylène, angouéssée morte.  Chaque fois qu'un étudiant sort du bureau de Mme F., les regards se tournent pour essayer de déchiffrer dans une seule expression faciale le plus d'indices possibles sur la difficulté des questions.  Une fille sort en pleurant: meeeerde.

L'examen se passe donc dans le bureau de la prof, qui est accompagnée d'une assistante.  La scène faisait un peu "interrogatoire de police" au cinéma, avec un policier méchant et l'autre super gentil.  La Fortunati avait une attitude entre "vous n'avez pas beaucoup étudié" et "dites-moi ce que vous savez de Leonardo, c'est vraiment un sujet élémentaire" tandis que son assistante me regardait en me faisant des grands sourires encourageants et en me complimentant sur mon niveau d'italien (qui pourtant n'était pas au top de sa forme ce matin-là).  J'ai la bouche sèche, je tremble.  J'avais envie de vômir (devant la Fortunati, ça aurait tu été assez baroque à votre goût?).  Je parle de la Joconde, de Michelangelo, bref au moins j'avais les classiques.  J'ai parlé du livre que j'avais à lire, Saturno e la Melancolia.  J'ai parlé de l'extase de Teresa d'Avila.  J'ai rien dit de particulièrement intelligent mais je m'en suis tirée avec un 25, Mylène aussi.  Ouf! On a mangé une pizza pour fêter ça.

Bon sinon, c'est bien beau mais j'ai un autre examen le 25 juin (art médiéval), avec le prof Benati.  Je pense que ça va être encore plus difficile... je vous dis que je vais en regarder des crucifix pendant les deux prochaines semaines.

Sur une note moins stressante, j'ai hébergé la semaine passée mes derniers invités de couch surfing à Bologne (avec cet examen qui s'en vient, non ce la faro' mai, j'y arriverai jamais quoi).  C'était un couple de Montréal, Greg et Carole; en fait, Greg a grandi a Toronto et habite depuis 8 ans à Montréal.  Carole est bretonne, elle a fait un échange étudiant à Concordia il y a 3 ans je crois, elle a trouvé un appart dans lequel habitait Greg.  Ils sont tombés amoureux une semaine avant qu'elle retourne en France.  C'est beau l'amour non? Peu importe, bien sympa ce duo, surtout que j'ai eu plein de beaux cadeaux, dont du beurre demi-sel et un gros morceau de fromage du Trentin Haut-Adige.  J'aime le couch surfing! Il y a deux jours, mon sommeil s'est vu troublé par un joueur de flûte à bec (il jouait pas très bien); hier, pendant qu'on étudiait dans la cuisine, une personne du voisinage a essayé de jouer au moins pendant 20 minutes The Girls From Ipanema à la flûte traversière (c'est un débutant).  Je sais pas c'est quoi la passion ici pour les instruments à vent! Je suis aussi retournée à la maison du manager, où j'ai vu des centaines de lucioles voler dans les herbes hautes.  C'était la plus belle chose que j'ai vu de mâââ vie.



Bon, assez parlé.

4 commentaires:

  1. En réponse à ton entrée précédente, qui concerne le mauve, j'ai trouvé dans la rue un vinyl de Louise Portal datant des années 80, sur lequel paraît une chanson intitulée "Je m'habille en mauve". Comme le disque n'est pas dans la pochette, le mystère persiste et seule l'imagination peut en déduire le contenu.

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  2. Ça c'est bien ma Jeannette : 25/30. Félicitations. Le prof Benati n'a qu'à bien se tenir !
    J'ai rencontré Casimir au Marché du livre. Il a bien hâte de voir l'autographe de Umberto Eco que tu lui a promis. Il a quelque chose de changé mais je ne saurais te dire quel est le changement : les cheveux ? la barbe ?
    Les lucioles, ça doit être magique.

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  3. Bravo filleule! Bonne chance avec les crucifix. Moi, j'aime bien l'extase de Thérèse d'Avila que j'ai analysé dans mon cours d'histoire de l'art à l'automne: c'est cela l'orgasme!

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  4. JEANNETTE ! On va fêter ça à ton retour.
    Congratulazioni!!!

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