jeudi 23 avril 2009

France, suite et fin


De retour au café internet, avec Francis Cabrel qui joue en musique de fond.

J'en arrive maintenant à la fin de mon petit voyage, c'était bien cool. Petit résumé des évènements marquants:

-Les gens de couch surfing. Je suis tellement people que je suis tombée chez un gars dj qui mixait les deux soirs où j'étais chez lui. Sinon, j'ai été hébergée une nuit chez un vrai français du sud avec l'accent et on s'est bien entendus. Celui qui m'héberge en ce moment ressemble en tous points à Max (la même coupe de cheveux, les mêmes pantalons, les mêmes t-shirts, les mêmes bras, le même chapeau, les mêmes habitudes de vie) sauf que Max est 10000 fois plus cool.

-Les gorges du Verdon: à environ deux heures de route de Marseille, j'y suis allée dimanche dernier avec Julien et Marguerite. Le décor faisait très "seigneurdesanneautesque": immenses falaises, petites rivières turquoises, tunnels noirs, Julien imitant un Nazgul, temps incertain... en plus, on avait revêtu des genre de capes/imperméables qui nous donnaient l'air de vrais hobbits. Sur le chemin du retour, on prend deux autostoppeurs polonais.

-Les calanques, prise deux: mon initiation aux sport extrême. Bon je dis sport extrême, mais pour moi il m'en faut pas gros. Je me sentais comme dans une émission de Canal Vie où les gens normaux sont appellés à dépasser leur limites dans des situations extrêmes. Sensations fortes, bonheur et camembert pour cette belle journée qui se termina curieusement bloqués dans le trafic marseillais pendant 2 heures, sous une pluie torientielle qui se changea en grêle.

-Marseille: Love love. Mardi je suis allée à Notre-Dame de la Garde comme une bonne touriste, ça valait le coup. C'est une cathédrale ben belle située dans le centre de Marseille, mais perchée bien haute. Vue imprenable sur tout Marseille. Le parc Chanot... j'ai été dégoûtée par ce parc (parce oui, en France apparemment ils disent "dégoûté" pour dire "déçu") . Moi qui m'attendait à trouver de grandes étendues gazonnées où on peut s'asseoir et lire, ben non, c'était plutôt "Bienvenue au Royaume des bebés". A l'entrée, une dizaine d'enfants sautent dans un château gonflable sur fond de musique techno. Je continue mon chemin: carrousel et carrés de sable. Au bout du parc, je tombe en plein milieu d'un mini réseau de routes où les enfants, conduisant des genre de bolides-jouets de location, se pratiquent à devenir des futurs conducteurs marseillais. Basta le parc Chanot. Sinon, hier, je suis allée me balader dans Le Panier, le quartier le plus vieux de Marseille. Au moment où j'allais me questionner sur mon itinéraire, je vois surgir les deux autostoppeurs polonais qu'on avait embarqué en revenant du Verdon. Je m'exclame dans un polonais impeccable: "What the hell?!?" Nous marchons ensemble, conversations intéressantes sur le voyage et le poisson qu'on a mangé était ben bon.

Je dois maintenant aller me nourrir et aller faire l'épicerie en prévision de mon pénible voyage de retour jusqu'à Bologne (14 heures).

mercredi 15 avril 2009

Belle enfant des Iles


Quand je suis arrivée à Marseille, c'est la première chose qu'on m'a dit: "bonjour, belle enfant des îles", c'était un monsieur qui prenait son café sur une terrasse et qui m'a dit ça en me voyant marcher avec mes bagages.

J'écris d'un café internet et le clavier azerty me donne des pulsions de mort (appuyer sur shift pour faire un point, sont fous ces français). Ma situation du moment: je suis hébergée chez Julien et Marguerite, de vieux potes de couch surfing qui nous avait accueillis, François et moi, lors de notre voyage en 2005. Ils habitent depuis deux mois dans un palace en plein dans le centre, à deux pas du port. J'ai même ma propre chambre avec un lit double.

J'étais pas fâchée de quitter Aix; 5 jours dans une petite ville bourgeoise ça fait long, surtout que la température n'était pas excellente. La balade en voiture n'a donc pas eu lieu, de toute façon les voitures de location étaient toutes déjà réservées, congé de Pâques oblige. J'ai tout de même été vraiment bien reçue chez Shawn et Nicole, on a eu une belle journée et on a fait une chouette randonnée autour du Mont Sainte-Victoire (un peintre inconnu en aurait fait quelques toiles, paraît-il). J'ai aussi eu l'occasion de mettre mes apprentissages de traductrice en pratique car Nicole étudie elle aussi la traduction (à Concordia) et m'a fait réviser son travail, qui portait sur l'influence du français sur l'anglais au Canada (saviez-vous que les albertains disent parfois "tabarnak", "tannant" ou "franchement" dans leurs phrases en anglais?) A notre dernier repas, j'ai concocté un plat bien de chez nous: des pâtes. Mais pour en revenir à Aix, c'est pas que j'ai pas aimé ça, c'est juste que pour une région qui se targue d'avoir 300 jours d'ensoleillement par année, j'avais l'impression que la ville m'en voulait personnellement en me gratifiant de gros nuages. Mais pour ceux que ça intéresse, j'ai vécu un beau moment en voyant une voiture filer qui 'blastait' la toune de technoviking dans le tapis. Il y avait aussi un festival de la bd, des trucs vraiment cools exposés dans divers endroits de la ville.

Marseille, j'aime beaucoup, aussi c'est bien de revoir Julien et Marguerite. Julien fait des jeux de mots merveilleux sans s'en rendre compte, comme quand je lui ai demandé, en voyant sa planche de surf dans le salon:
-Tu fais du surf?
-Vaguement.
La pognez-vous?
Sinon, hier il a fait une journée vraiment superbe, j'ai longé le vieux port jusqu'à la corniche, qui est collée sur la méditérranée: c'était écoeurant, l'air de la mer, il faisait chaud, j'avais même mis de la crème solaire! J'ai même poussé l'audace jusqu'à descendre sur une petite plage où des gens se baignaient (La plage du prophète, c'est son nom) pour me mettre les petons dans le sable. Et pour ceux que ça intéresse, oui j'ai vu une fille "les totons à l'air" (je le précise seulement parce que je connais bien certains de mes amis). Arrivée dans le coin des clubs privés super sélect, je bifurque et retourne chez mes amis.

Demain je suis hébergée chez quelqu'un d'autre mais en fin de semaine, avec Julien et Marguerite on va possiblement aller faire un tour de toto dans les environs, j'aimerais bien les voir ces fameuses gorges quoi. Sinon hier, il était question qu'une de leurs amies vienne souper; elle est au chômage, elle travaille la céramique, elle aime les randonnées et elle possède une voiture. Marguerite m'a dit: "elle va venir souper, tu pourras la rencontrer et si vous vous entendez bien, vous pourrez explorer les environs ensemble". C'est drôle, j'avais quasiment l'impression que j'avais un blind date de randonnée avec la fille. Finalement elle est pas venue car trop fatiguée, mais on sait jamais.

Bon alors c'est ça... pour répondre à ta question Francis, concernant ton rêve, je parle français normalement.

mercredi 8 avril 2009

Chez les cousins


Avant que j'oublie, j'ai un message pour Jean-Seb. J'ignore s'il lit ce blog, mais je pense qu'il doit savoir. Cette nuit, j'ai rêvé à toutes sortes de choses qui m'apparaissaient comme des révélations super importantes sur la vie. Je parlais à des gens de mon entourage et on se disait plein de vérités (évidemment je ne me souviens pas de la majorité). Et à un moment donné Jean-Seb arrive et me dit: j'hais ça la comptabilité! je veux pas faire ça de ma vie! c'est de la marde! Alors Jean-Seb, je pense que tu devrais prendre un moment pour réfléchir à tes choix de carrière. Je dis ça parce que je suis ton amie.

Aujourd'hui je suis à Aix-en-Provence. Je suis partie en autobus de Bologne, c'était 14 heures donc un moyen voyage. Rien à dire sur le trajet, c'était de nuit donc assez difficile d'être émerveillée, même si je n'ai pas vraiment réussi à dormir. À 7h30 j'arrive à Aix, parmi tous les gens qui vont travailler; j'arrête une fille pour lui demander dans quelle direction est le centre-ville, ce qui est bien tombé car elle y allait justement. On en a profité pour parler, je lui ai dit: désolée de vous retarder. Elle me répond: bah c'est pas grave, je fais que pointer! (j'ai pas trop compris moi non plus)

A Aix j'ai des amis qui y habitent, Shawn et Nicole. Certains d'entre vous les connaissent peut-être, c'est un couple d'Edmonton qui vivent à Montréal depuis un bon moment déjà. Et ils sont à Aix depuis janvier, comme moi à Bologne, pour étudier là (mais là ça tombe mal car il y a une grève LÀ-BAS AUSSI). Ils habitent dans une belle petite maison en dehors du centre, avec une mère et son fils de 10 ans, près de montagnes et de petits ruisseaux, very very beautiful quoi. J'ai d'ailleurs très bien dormi. Pour souper: pâtes au champignons, salade et lapin.

Aujourd'hui, je me réveille vers 11h et avec Nicole et Léo (le fils de sa mère, quoi), on va rejoindre Shawn à la cafétéria de la "fac" pour se bourrer la face à petit prix (2,85 euros pour une assiette pleine, salade, dessert, youpi). À 14h, Nicole va reconduire Léo à ses cours de théâtre avant d'aller elle-même à un cours. Je reste avec Shawn jusqu'à 15h (il avait des cours lui aussi) et une fois seule je me promène un peu dans les rues. Une chose que je trouve le fun à Aix c'est les noms de magasins, ainsi j'ai vu une boutique pour enfants qui s'appellait "Les petits petons", ou une autre "Le nain rouge" (???)... une librairie usagée nommée "Rue des bouquinistes obscurs". J'ai vu aussi une boutique de vin nommée "Nicolas" (ça adonne bien, malgré qu'il n'y avait pas de carling ice), et une boutique d'accessoires cheap portant le nom "Fanny" en lettres brillantes (désolée Fanny).

Cette promenade m'a fait constater que je me suis beaucoup habituée à ma vie en Italie. Je fais désormais des comparaisons avec l'Italie (et non pas le Québec), et quand je parle anglais avec Shawn et Nicole (on parle surtout en français, mais il nous arrive de "switcher") il m'arrive de répondre à leurs questions en disant "si" au lieu de "yes". Sinon... c'est con, mais je me suis habituée au 'eye contact' avec les italiens. Ici, les gens regardent pas avec autant d'insistance. REGARDEZ-MOÉ!!! Je blague. Sto scherzzando.

Vers 17h je commence à prendre la route vers la maison. Je m'arrête dans une pâtisserie pour acheter un dessert pour ce soir, un espèce de gâteau à la crème qui s'appelle "la tropezienne". Je me suis fait dire par un monsieur que c'est tellement bon que je voudrai plus jamais partir de Provence, alors attention!

Programme pour les prochains jours: demain, randonnée pédestre avec Shawn et Nicole dans les montagnes et villages environnants. Vendredi, on loue une voiture et on va dans les gorges du Verdon (le grand canyon français) et voir des petits villages. Il annonce pas une température écoeurante alors on verra... le 13 je pars de chez eux; le couch surfing commence.

jeudi 2 avril 2009

Le 2 avril


En vedette cette semaine, une photo de mon trône.

Aujourd'hui, c'est le 2 avril.  Le lendemain du 1er avril.  

Commençons l'entrée par une anecdote cocasse qui m'est arrivée ce matin-même (car oui, il m'arrive parfois de vivre le matin).  À 10h, j'avais mon examen d'italien au laboratoire de langue.  Vous savez, ce cours offert gratuitement aux étudiants étrangers, pour lequel on n'avait pas de prof et où il fallait aller de son propre gré faire des exercices au laboratoire?  En tout cas, mon examen c'était aujourd'hui.  J'arrive avec un bon 5 minutes d'avance (ou plutôt 15, on est en Italie), sauf que je me trompe de local.  Ce qui est drôle dans cette affaire-là c'est que je ne m'en suis pas rendue compte.  Donc j'arrive dans une pièce pleine de gens et je demande à la première fille que je vois: c'est l'examen final? Elle me dit oui.  Parfait.  Je m'assois et je sors mon passeport, comme spécifié dans le email de la prof (pour éviter que j'envoie Katerina faire l'examen à ma place).  Gros bordel s'ensuit, comme seuls les italiens savent le faire: la prof nous ordonne d'éloigner nos pupitres, un gars se propose pour passer les feuilles d'examen, sa petite gang l'applaudit et crie, je me dis: parfait, ça trompe pas, on est bien parmi les étudiants Erasmus.  N'empêche que je trouvais qu'ils parlaient bien italien.

Une fois le questionnaire entre mes mains, je lis un peu la procédure des choses: 4 questions à développement.  Ah? Il me semblait qu'à la pratique c'était plutôt des "fill in the blanks" (compléter un texte en comblant les espaces vides avec un choix de mots).  Je trouvais ça chien! Mais bon, ayant appris l'italien à "l'école de la vie", je me suis dis que c'était pas grave.  Sauf que bon, je trouvais que les questions étaient quand même compliquées: comment je suis supposée écrire 4 fois 15 lignes sur la psychologie cognitive? Moi qui suis allée qu'une fois au labo pour travailler, j'ai pensé j'avais du manquer quelque chose à un certain moment (ok, je sais.  Mais j'avais dormi 4 heures et j'avais pas eu le temps de déjeuner ni de boire un café).  Finalement, le bon sens me frappa dans le front et je me suis levée pour dire à la prof: scusez, moi je voulais juste faire l'examen d'italien, je pense que je me suis trompée.  Elle est restée bête, mettons.  Mais quoiqu'il en soit, je traverse le corridor, j'arrive au bon local, il est 10h20, évidemment l'examen n'est pas commencé.  Fin de l'histoire.  Oh en passant, ça s'est bien passé.

Quelques constat(ation)s en rafale:
-J'ai besoin de beaucoup de sommeil en Italie.  J'ai rencontré plusieurs étrangers qui m'ont dit la même chose: on dort trop bien en Italie.  Ce qui fait en sorte que 8 heures de sommeil italien = 4 heures de sommeil québécois;
-On peut tout mettre dans les pâtes, sauf du choux-fleur;
-Cette semaine j'ai découvert LA rue avec toutes les boutiques haut-de-gamme (Louis Vuitton, Chanel, Dolce & Gabbana): après 2 mois et demi à Bologne, je me demande s'il y a quelque chose quelque part qui a fait en sorte que je ne sois jamais allée dans le quartier des riches;
-Faire le ménage, ça ne chasse pas les blattes;
-On a hébergé notre premier couch surfer... un italien;
-Compte tenu des circonstances (i.e. vivre à 6), je fais ma vaisselle à la vitesse de l'éclair;
-J'ai appris tout récemment que le sacre que j'utilise tout le temps, cazzo, veut dire pénis.  Maintenant ça me gêne un peu de l'utiliser;
-Le lait italien n'a pas besoin d'être dans le frigo s'il n'est pas encore ouvert;
-La gestuelle italienne est beaucoup utilisée a) dans les matchs de foot b) chez les automobilistes;
-Les prêtres passent parfois d'appartements en appartements pour bénir la "casa".  Vous imaginez ma tête quand un prêtre s'est présenté chez nous pour bénir notre maison.  J'ai dit d'un air effrayé: "n..no... no grazie..";
-Je vais en France le 6 avril.